Séquestration à Goodyear : une relaxe totale et sept peine de sursis

Séquestration à Goodyear : une relaxe totale et sept peine de sursis

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JUSTICE - La condamnation de huit ex-salariés de Goodyear en première instance à neuf mois de prison ferme pour la séquestration, en 2014, de deux dirigeants de leur usine avait suscité de vives protestations. La cour d'appel d'Amiens a tranché ce mercredi : une relaxe totale et sept peines de sursis.

Le 19 octobre, l’avocat général avait requis 24 mois de prison avec sursis à l’encontre des huit hommes, parmi lesquels cinq militants CGT. Condamnés en première instance le 12 janvier 2016 à 24 mois de prison dont neuf mois ferme pour la séquestration en 2014 de deux dirigeants de l’usine Goodyear, les huit ex-salariés de l’antenne d’Amiens-Nord ont appris leur sort ce mercredi en appel. L'un d'entre eux a été relaxé et les sept autres condamnés à des peines de prison avec sursis allant jusqu'à 12 mois. 


"Nous attendons une décision juridique et non politique, on croit à la relaxe", affirmait à l'AFP Mickaël Wamen, l'un des prévenus et figure emblématique du "combat" des Goodyear. Cette peine avait provoqué un tollé en France où plusieurs manifestations de soutien avaient été organisées et une pétition en ligne réclamant l'arrêt des poursuites à leur encontre avait recueilli plus de 171.000 signatures. La CGT y voyait un symbole de la "criminalisation de l'action syndicale".

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Les directeurs retenus une trentaine d'heures

Les 6 et 7 janvier 2014, le directeur des ressources humaines et le directeur de la production avaient été retenus pendant une trentaine d'heures dans les locaux de l'usine de pneumatiques occupée par quelques dizaines de salariés en colère après l'annonce de la fermeture de ce site de 1.143 salariés.


Poursuivis pour "séquestration et violences en réunion", les prévenus encouraient jusqu'à cinq ans de prison. Dans cette affaire, "la dignité humaine a été touchée et nous ne pouvons pas tolérer ce genre de comportement quel que soit le contexte", avait estimé l'avocat général. A ses yeux, les faits reprochés aux salariés relevaient de la "délinquance pure et simple". 


Ils ont essayé "de détruire psychologiquement" ces deux cadres, "les insultes ont fusé tout comme les actes d'humiliation", avait soutenu l'avocat général Dominique Tailhardat. Dans ce procès sans plaignant (Goodyear a retiré sa plainte, comme les deux cadres concernés), les prévenus ont tenté de convaincre les juges de leur absence de culpabilité et de la légitimité de leur action.

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