Tentative d'intrusion à la tour Eiffel : ce que l'on sait du profil instable de l'homme au couteau

ENQUÊTE - La garde à vue de l'homme armé d'un couteau qui a tenté de forcer un des contrôles de sécurité de la tour Eiffel ce samedi soir a été prolongée de 24 heures. Souffrant de troubles psychologiques, il avait déjà été condamné pour apologie du terrorisme. Une personnalité qui correspond malheureusement aujourd'hui au profil du terroriste fragile et instable qui passe subitement à l'acte.

Le présumé terroriste est actuellement entre les mains de la justice, après que sa garde à vue a été prolongée de 24 heures ce dimanche soir, l'expertise jugeant que son état était compatible avec un interrogatoire qui, dans le cadre d'une enquête, peut durer jusqu'à 96 heures. L'homme qui a tenté, samedi vers 23h30, de forcer un des contrôles de sécurité de la tour Eiffel avait été interpellé, sans opposer de résistance. Dans un premier temps, la piste d'un acte terroriste avait été écartée, au vu des antécédents psychiatriques de l'individu. Mais le parquet antiterroriste a finalement été saisi ce dimanche. Alors que sait-on réellement de cet individu ?

Un homme très fragile

Le suspect est un Français de 18 ans, né en Mauritanie. Il bénéficiait d'une permission de sortie de l'institution psychiatrique où il était soigné, du 4 au 6 août. "Il était hospitalisé depuis plusieurs mois en psychiatrie et sa mesure d'hospitalisation a été renouvelée fin juillet pour six mois par le préfet", détaille-t-on de source proche de l'enquête. Le jeune homme était un habitué des séjours en hôpital psychaitrique. D'après un membre de sa famille, joint par Le Parisien, il avait été suivi dès son arrivée en France par un pédopsychiatre. Sa "maladie" se serait révélé alors qu'il était au collègue et sa situation se serait rapidement dégradé. "Depuis peu, Mamaye bénéficiait de permissions de sortie de l’hôpital de Persan pour venir nous voir le temps d’un week-end", explique ce proche. "Lorsque c’était le cas, il s’installait dans le salon. Samedi, je n’ai rien remarqué de particulier dans son comportement." Sa personnalité, très fragile, avait conduit les forces de l'ordre à écarter la piste terroriste et à ouvrir une enquête pour "apologie du terrorisme et tentative d'homicide volontaire".


Mais le jeune homme a assuré en garde à vue qu'il voulait attaquer un militaire et qu'il était "en lien avec un membre de l'État islamique qui l'aurait encouragé à passer à l'acte." L'enquête a alors été requalifiée en "association de malfaiteurs terroriste en vue de commettre des crimes d'atteinte aux personnes" et "tentatives d'assassinat sur personnes dépositaires de l'autorité publique". D'autant plus que le suspect n'en est pas à son coup d'essai. Il avait déjà été condamné en décembre 2016 à quatre mois de prison assortis d'un sursis avec mise à l'épreuve pendant deux ans pour avoir mencé de mort des agents SNCF et avoir fait apologie du terrorisme. Cet incident lui avait également valu d'être inscrit au fichier dit des "radicalisés", le FSPRT. 

Il prenait ses médicaments. En tout cas, il ne s'est jamais montré violent.Un membre de la famille du suspect

Le renseignement territorial du Val-d'Oise, où le suspect réside, avait ainsi été alerté. "Son cas revenait avec insistance dans les réunions préfectorales" explique au Parisien une source proche du dossier. Selon ses proches, le jeune homme était bien instable mais pas dangereux. "On a bien essayé de lui parler, mais sans résultats. Il prenait ses médicaments", explique-t-on. "En tout cas, il ne s’est jamais montré violent." Rien ne semblait indiquer un passsage à l'acte : samedi, il "nous a dit qu’il allait se promener sur les bords de l’Oise comme il en avait l’habitude. Mais il a finalement pris les transports pour se rendre à Paris. Il semblait dans son état normal." Ce proche estime qu'il a pu vouloir assister à l'illumination de la tour eiffel aux couleurs du PSG, le suspect étant "fan" de ce club. La brigade criminelle et la DGSI, le renseignement intérieur, vont maintenant devoir déterminer si le jeune homme est juste dérangé ou s'il avait prémédité son acte.

Dans un entretien au Journal du dimanche, le ministre de l'Intérieur Gérard Collomb, a estimé que les "gens fragiles psychologiquement, qui peuvent passer subitement à l'acte" font effectivement partie des "menaces" qui pèsent sur la France. "La menace terroriste reste très élevée", a-t-il reconnu. "Nos services ont déjoué sept tentatives d'attentats depuis le début de l'année."

Plus d'articles

Sur le même sujet