Troisième procès AZF : trois ans de prison avec sursis requis contre l'ancien directeur de l'usine

16 ANS PLUS TARD - Le troisième procès consacré à l'explosion d'AZF, qui avait tué 31 personnes à Toulouse en 2001, touche à sa fin. Le parquet général a requis jeudi de la prison avec sursis et des amendes contre le directeur de l'usine et Grande Paroisse, filiale du groupe Total.

Après quatre mois d'audience, l'heure était au réquisitoire ce jeudi dans le troisième et sans doute dernier procès de la pire catastrophe industrielle en France depuis 1945 : l'affaire AZF.  Le 21 septembre 2001,  l'explosion de l'usine AZF avait fait 31 morts et 8.000 blessés. Depuis fin janvier, une cour d'appel de Paris spécialisée dans les "accidents collectifs" juge la société exploitante de l'usine, Grande Paroisse, filiale du géant Total, et l'ancien directeur du site, Serge Biechlin, pour "homicides involontaires".


Pendant près de huit heures, l'avocat général Jean-Christophe Crocq a appelé la cour d'appel à "rétablir le lien rompu entre les prévenus enfermés dans le déni" et "la communauté qu'ils ont brisée", en jugeant une bonne fois pour toutes que l'explosion de 2001 était bien un accident industriel et un accident du travail résultant de "fautes lourdes" dans la gestion d'une usine à haut risque. Il a eu des mots durs pour la défense d'AZF, orchestrée selon lui par la maison mère Total, et destinée à susciter un "doute déraisonnable" sur les causes de l'explosion.  Il a notamment accusé les prévenus d'avoir fait couler des "larmes de désespoir" par leur "morgue pleinement affichée" et leur a lancé : "Vous aviez le choix de faire autrement."


Le parquet général a aussi estimé que Serge Biechlin, directeur de l'usine AZF, était bien coupable d'"homicides involontaires", et devait à ce titre écoper de trois ans de prison avec sursis et 45.000 euros d'amende. Une amende de 225.000 euros a été requise contre Grande Paroisse. 

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AZF : les victimes toujours dans l'attente

La défense à la barre le 23 mai

Mardi 23 mai, ce sera au tour de la défense de plaider. La cour d'appel prendra ensuite plusieurs semaines avant de rendre sa décision. 


Le tribunal correctionnel de Toulouse avait en 2009 prononcé une relaxe générale à l'encontre des prévenus. Une décision qui avait fait scandale dans la Ville rose. En 2012, le premier jugement en appel avait été cassé en raison du défaut d'impartialité d'une magistrate.

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