Abha Dawesar, l'Inde en héritage

Abha Dawesar, l'Inde en héritage

Chaque jour, nous vous présentons un roman parmi les 646 nouveautés. Avec une forte majorité de nouvelles têtes.

Lire les 646 romans de la rentrée littéraire, pourquoi pas ? Mais il y a tant de films à voir, d’expos à visiter et de séries télé à suivre que Metro vous allège la tâche. Vous trouverez chaque jour notre sélection, de l’incontournable au confidentiel, pour choisir le bon bouquin. Aujourd’hui : Sensorium, d'Abha Dawesar (Héloïse d'Ormesson), 392 p., 23 euros.

C’est qui, Abha Dawesar ?
Le genre de fille qui énerve : née à New Dehli il y a 38 ans, elle part à New York à 17 ans et apprend l'anglais juste assez pour intégrer Harvard d'où elle sort diplômée de philosophie. Pour se délasser, elle passe ses vacances en France ; à son retour, elle parle français comme vous et moi. Elle travaille dans la finance à New York et publie un premier roman sensuel et vénéneux, Miniplanner, qui la lance dans le petit monde des lettres. Suivent plusieurs romans à succès, dont Babiji et L'Inde en héritage.

D’accord, et de quoi ça parle ?
D'une artiste plasticienne d'origine indienne, Durga, qui vit à New York et qui revient à ses origines indiennes comme dans une chambre d'échos. La comparaison avec l'auteur s'arrête presque là. "J'y aborde des questions abstraites que je me pose souvent, nous a confié l'auteur. J'ai mis beaucoup de temps à écrire Sensorium, je me suis prise de passion pour la recherche scientifique, et un jour, je n'ai plus eu le choix, il fallait que je mette tout ça dans un roman. J'ai étudié la philo et j'ai trouvé des liens, parce que jamais la science n'a été aussi près de nous éclairer sur l'être humain. Ce sont comme des microfictions dans le roman."

Et alors, c’est bien ?
Sensorium est un roman étrange et déroutant, alternant fiction, anecdotes scientifiques et petits dessins. C'est aussi un de ces livres qu'on lit en ayant l'impression d'être plus éveillé à chaque page. L'histoire de Durga n'est pas anodine, elle répond à des questions existentielles (d'où je viens ? Quelle est la place de ma culture d'origine dans ma vie d'exilée?), bâtit des ponts avec des existences passées, ouvre des portes inattendues vers d'autres mondes. New York apparaît comme une sorte d'escale où il est nécessaire de faire le point pour ne pas se perdre. Ça change de la chick-lit.

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