Au Salon du livre et de la presse jeunesse de Montreuil, les tablettes ont du souci à se faire

Au Salon du livre et de la presse jeunesse de Montreuil, les tablettes ont du souci à se faire

LIBRAIRIE GEANTE - Le grand rendez-vous annuel du livre jeunesse ouvre ses portes du 30 novembre au 5 décembre. Toujours en bonne santé, malgré l’envahissement progressif des écrans, ce secteur éditorial majeur multiplie les initiatives pour que les enfants gardent un contact émotionnel avec le papier.

Qui a dit que les enfants ne lisaient plus ? Avec 90 millions de volumes vendus en 2015, la littérature jeunesse représente 13,7 % du chiffre total de l'édition française. "C’est le deuxième secteur de l'édition ; la bande dessinée, dont 50 % des titres s'adressent aux enfants, en est le troisième",  souligne Sylvie Vassallo, directrice du Salon du livre et de la presse jeunesse de Montreuil (SLPJ), en présentant sa 32e édition. "Si on additionne les deux, on peut dire que les jeunes forment le premier lectorat de l'édition française."


Ce n’est pas le succès de Harry Potter et l’Enfant maudit (déjà 600 000 exemplaires vendus) qui la contredira. Pour autant, rien n’est jamais gagné auprès des marmots accros aux écrans de plus en plus jeunes. Cette année, le SLPJ prend les devants en présentant les innovations des éditeurs pour continuer à faire du livre un objet de désir à feuilleter, manipuler - abîmer parfois, pourvu qu’il vive avec son petit propriétaire.

Toujours plus de formes

Le thème du salon retenu cette année, "Sens dessus dessous", montre que le livre jeunesse ne se limite plus à un recueil de feuilles cousues. Livres en 3D, livres accordéon (qu'on appelle aussi "leporello"), livres sonores, pop-ups, impressions avec des encres phosphorescentes... Ces ouvrages sont conçus pour mobiliser tous les sens. Parmi les expositions programmées, la plus attendue est "La règle & le jeu" qui mettra en scène 20 artistes européens qui ont transformé la réalisation de livres pour enfants. 

Toujours plus de BD

Pour la première fois, une scène entière sera consacrée au 9e art. Un hommage sera rendu à Gaston Lagaffe pour ses 60 ans, avant une exposition prévue dès le 7 décembre au Centre Pompidou, tandis que Julien Neel, créateur de Lou, viendra expliquer la genèse de sa série vendue à 2,5 millions d'exemplaires. A noter aussi, la présence de l'Américain Jeff Kinney (photo), auteur du best-seller mondial Journal d'un dégonflé, dont le dixième volume, Zéro réseau, vient de sortir en France aux éditions du Seuil. 

Toujours plus d’interactivité

Dédicaces, séances de lecture, "battle" de critiques littéraires pour défendre son livre préféré, créations en direct sont également au programme du Salon, dont l’entrée sera gratuite mercredi, jeudi et vendredi (tous les jours pour les jeunes de moins de 18 ans, les étudiants et les professionnels). Elle sera tarifée 5 euros le week-end, en échange d’un Chèque-Lire de 4 euros à dépenser sur place. 2 000 auteurs et illustrateurs seront en dédicace cette année, histoire de rappeler qu’aucune tablette ne remplacera un mot ou un petit dessin sur son exemplaire.

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