"La Montagne rouge" : Olivier Truc, l’auteur français que le thriller nordique nous envie

"La Montagne rouge" : Olivier Truc, l’auteur français que le thriller nordique nous envie

REVELATION - Polar, thriller, roman noir... Chaque semaine, retrouvez le coup de coeur de Marc Fernandez, cofondateur et rédacteur en chef de la revue "Alibi". Aujourd'hui : "La Montagne Rouge", du Français Olivier Truc (Métallié).

L’heure de faire sa liste de cadeaux au Père Noël approche à grands pas. Olivier Truc, gentleman journaliste et écrivain, auteur des excellents Le Dernier lapon et Le Détroit du loup (éditions Métailié) prend de l’avance et nous offre une troisième aventure de son duo d’enquêteurs (Nina et Klemet), qui a déjà conquis bon nombre de lecteurs. Dans La Montagne rouge, c’est un peu plus au sud qu’ils vont devoir voyager, mais toujours en Laponie, pour tenter de démêler les fils d’une histoire où le droit à la terre, les ossements humains, les rennes (pas ceux du gros bonhomme barbu) et de fumeuses idéologies suédoises semblent liés. Et la neige immaculée va soudain se teinter de rouge sang…

C’est qui ?

Olivier Truc fait aujourd’hui partie intégrante du PPF, le paysage polar français. Lauréat d’une vingtaine de prix, excusez du peu, ce journaliste né à Dax est le correspondant du Monde et du Point à Stockholm depuis une vingtaine d’années. Autant dire qu’il connaît bien les pays nordiques, où il a tout naturellement situé l’action de ces trois derniers romans. Bien lui en a pris. Entre autres récompenses, il a reçu le prix Mystère de la critique et le prix des lecteurs Quais du polar. Il a eu l’idée géniale de créer une police des rennes, si réaliste que bon nombre de personnes se sont laissées prendre en pensant que cette brigade spéciale existait vraiment.

Ça parle de quoi ?

C’est au pied de la Montagne rouge que débute cette histoire hors normes. Là où les hommes du clan Balva procèdent à l’abattage annuel des rennes. Là aussi où des ossements humains sont retrouvés. C’est la patrouille p9 de la police des rennes qui est chargée de l’affaire. Nina et Klemet débarquent dans une atmosphère houleuse. Car le clan est opposé à un groupe de fermiers et de forestiers dans un grand procès, qui devrait être historique, dont l’enjeu est de déterminer, ni plus ni moins, qui était là le premier. En gros, à qui appartient cette terre ? Pas facile pour les deux enquêteurs de mener à bien leur travail. D’autant que la double identité lapone de Klemet empiète sur leurs investigations, ce que Nina supporte de moins en moins. 

Pourquoi on aime ?

Commme il en a maintenant l’habitude, Olivier Truc nous embarque dans un voyage en terre inconnue. Cette fois, elle est plus hostile que jamais. Oubliez la carte postale, la Laponie, les rennes, ici, il y a des hommes qui s’affrontent. Et leur combat est à la vie, à la mort. Conteur hors pair, Truc parvient, en plus de son intrigue forte, originale, documentée, à nous tenir en haleine grâce à une galerie de personnages tous mieux campés les uns que les autres. Bien sûr, on est déjà attaché à ses flics découverts dans ses deux précédents livres, mais pas besoin de les avoir lu (même si on les apprécie plus) pour ouvrir La Montagne rouge. Quant aux autres, suspects, simple spectateurs, impliqués ou non dans l’affaire, ils sont parfaits chacun dans leur rôle. Tel l’antiquaire plus que douteux Bertil, ou l’étrange Justina, octogénaire adepte de marche nordique. Le style ciselé mais aussi très littéraire (notamment dans les descriptions) vient confirmer ce que l’on pensait déjà : le Français Olivier Truc se hisse au niveau des plus grands auteurs nordiques de noir.


>> La Montagne rouge, d’Olivier Truc. Editions Métailié, 512 pages, 21 €

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