Le monde sans pitié de Chloé Schmitt

Le monde sans pitié de Chloé Schmitt

Chaque jour, nous vous présentons un roman parmi les 646 nouveautés. Avec une forte majorité de nouvelles têtes.

Lire les 646 romans de la rentrée littéraire, pourquoi pas ? Mais il y a tant de films à voir, d’expos à visiter et de séries télé à suivre que Metro vous allège la tâche. Vous trouverez chaque jour notre sélection, de l’incontournable au confidentiel, pour choisir le bon bouquin.

Aujourd’hui : Les Affreux de Chloé Schmitt (Albin Michel), 196 p., 16 euros.

C’est qui, Chloé Schmitt ?
Une tête, d’après les quelques lignes de sa biographie. Chloé Schmitt a grandi à Metz, elle vit aujourd'hui à Paris et étudie à Sciences-po. A 21 ans, elle signe son premier roman.

D’accord, et de quoi ça parle ?
D’un homme victime d’un AVC. Alphonse se retrouve enfermé dans son propre corps, façon "Le scaphandre et le papillon", les souvenirs des jours heureux en moins. Le basculement surgit avec l'absurdité d'un accident domestique : Alphonse perd connaissance dans sa salle de bains, il se réveille entouré d'hommes en blouse blanche qui parlent de lui comme s'il était mort. Réduit à l'état de légume, il rentre chez lui, mal couvé par sa femme, bientôt maltraité par son frère, torturé par le souvenir de sa maîtresse, peut-être consolé par la douce Annabelle...

Et alors, c’est bien ?
Ecrit à la première personne, le récit est tendu de bout en bout, projeté de la cervelle blessée d'Alphonse au papier. Le lecteur sombre avec lui, bave avec lui, bout de rage et d'impuissance avec lui. Cette voix, qui parle et pense avec brusquerie, parfois avec brutalité, s'impose, grogne quand il faut, s'adoucit en présence de miettes de bonté. Même si cette dernière est bien rare dans cette galerie de personnages terribles. Les Affreux bouscule, interroge sur les notions de pitié et de compassion. Pas gai, mais fort et grave.
 

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