Le prix Goncourt des lycéens 2016 a été décerné à "Petit pays" de Gaël Faye

PRIX LITTERAIRE – Jeudi 17 novembre, à Rennes, le jury du Goncourt des Lycéens a décerné son prestigieux prix à "Petit pays" (Grasset), le poignant premier roman de Gaël Faye. A 34 ans, le jeune slammeur a été l’une des révélations de la rentrée littéraire.

C’est qui, déjà, Gaël Faye ?

Né en 1982 au Burundi, d’une mère rwandaise et d’un père français, Gaël Faye doit quitter son pays en 1995 lorsque le conflit entre Hutus et Tutsis éclate dans le Rwanda voisin. Déraciné et malheureux en région parisienne, il se plonge dans les études de finance tout en creusant l’écriture, le slam et le rap. Après avoir été trader à Londres, il forme le duo Milk Coffee and Sugar avec Edgar Sekloka, révélation du Printemps de Bourges en 2011. Il sort son premier album solo en 2013, Pili Pili sur un croissant au beurre, en collaboration avec Ben l'Oncle Soul et l'Angolais Bonga. Petit Pays est son premier roman, d’inspiration largement autobiographique.

Ça parle de quoi, "Petit pays" ?

Voler les mangues des voisins, fumer des cigarettes en cachette, faire un barbecue de steaks de croco… A Bujumbura, au début des années 1990, Gaby coule une enfance paisible, remplie de petits bonheurs avec les potes de sa ruelle. Tache sombre dans ce monde coloré : la séparation entre son père français et sa mère, Tutsi d’origine rwandaise qui a trouvé refuge au Burundi. Mais ce malheur n’est rien en comparaison du drame qui s’annonce. Bientôt, les premières violences interethniques éclatent, annonciatrices de la guerre civile, alors que dans le Rwanda voisin les génocidaires s’apprêtent à massacrer un million de "cafards". 

Et alors, il le mérite, ce Goncourt des Lycéens ?

Encensé par la critique, Petit pays a fait un véritable tabac depuis sa sortie, un succès amplement mérité. Passé le début qui ressemble étrangement à un Petit Nicolas au Burundi - impression renforcée par l’écriture simple, fluide, presque enfantine, de Gaël Faye -, le livre prend une tournure bien plus profonde. Entre magnifiques passages poétiques – comme lorsque l’auteur nous fait entendre les conversations décousues qui se tiennent au cabaret – et scènes cauchemardesques, le lecteur se retrouve secoué par l’émotion. On referme Petit pays la gorge serrée en préférant se rappeler que si cette œuvre est en partie autobiographique, elle est aussi et surtout un roman.

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