Vous allez craquer pour "L’Homme existentiel", le polar grinçant de Jake Hinkson

Vous allez craquer pour "L’Homme existentiel", le polar grinçant de Jake Hinkson

NOIR, C’EST NOIR – Le crime vous passionne ? Chaque semaine, retrouvez le coup de cœur de Marc Fernandez, notre expert du roman policier. Aujourd'hui : "L’Homme existentiel", de Jake Hinkson (Editions Gallmeister).

Y a-t-il une vie après la mort ? Ils sont nombreux à se poser la question et peu à avoir une réponse… Jake Hinkson a passé une grande partie de sa jeunesse et de son existence à tenter d’y répondre. Mais voilà, le virus du polar est passé par là. Tant mieux pour nous car, en deux livres, il a réussi l’exploit de se tailler une solide réputation et de se faire un nom dans le monde du noir. L’Enfer de Church Street, son premier livre paru l’an dernier aux éditions Gallmeister, avait déjà fait parler de lui. Il confirme, avec L’Homme posthume, qu’il manie la plume avec talent tout en mêlant humour grinçant et vraies questions existentielles.

► C’est qui ?
Jake Hinkson, originaire de l’Arkansas, est né en 1975. Son père, charpentier de profession, était aussi diacre dans une église évangélique. Sa mère, elle, était secrétaire… dans une église. Une famille religieuse donc, du sud des Etats-Unis. Au point de s’installer, alors qu’il avait quatorze ans, dans une communauté religieuse des monts Ozark, gérée par l’oncle et la tante de Jake. C’est à cette époque qu’il découvre les romans policiers. A l’université, il lit avec délectation Faulkner ou Dickinson. Il épouse la fille d’un pasteur pentecôtiste. Mais il traverse ensuite une crise de foi et décide d’abandonner l’Eglise. Il reprend des études et suit des cours d’écriture en travaillant dans une librairie de Little Rock. Puis il commence à écrire et à enseigner. Son premier roman, L’Enfer de Church Street, est paru l’an dernier et a reçu le Prix Mystère de la critique 2016.

► Ça parle de quoi ?
Elliott est mort. Pendant trois minutes seulement, avant d’être ramené à la vie. Cet ancien pasteur a tenté de se suicider, c’est raté. Dommage pour lui, il tenait vraiment à réussir son coup pour une raison impossible à dévoiler ici et qui sera révéler vers la fin du livre seulement. Il est donc vivant. Mais s’enfuit de l’hôpital, non sans avoir fait un brin de causette à l’infirmière Felicia. Et sur qui tombe-t-il une fois dehors ? Felicia évidemment. Celle-ci l’embarque pour chez elle mais là, les choses se gâtent… Les jumeaux DB (un flic ripou) et Tom (muet) l’attendent. C’est que Felicia a le don pour se fourrer dans de sales histoires. Cette fois, il est question d’un braquage de camion, rempli de médicaments. Pactole : 2 millions de dollars.

► Pourquoi on aime ?
Moins de 200 pages pour ce roman qui se dévore plus qu’il ne se lit. Un rythme effréné, des dialogues ciselés, des situations parfois drôles et souvent horribles (on y découpe des corps à un moment donné par exemple), des personnages bien campés. Jake Hinkson nous propose ici un texte qui fait l’effet d’un coup de boule. Une sorte d’hommage aussi aux grands romans et films noirs des années 50, avec les loosers, la femme fatale, le voyou violent, de l’action, des coups de feu, des cadavres sur la route. Le tout enrobé d’une certaine modernité dans le style et dans le ton. Seul regret peut-être : ce roman est trop court et se lit, finalement, trop vite.

>> L’Homme posthume, de Jake Hinkson, trad. Sophie Aslanides. Éditions Gallmeister, coll. Neonoir, 174 pages, 15,50 €
 

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