L'AFP a-t-elle étouffé l'affaire Ferrand ? "Non", répond l'agence, qui n'avait "pas suffisamment de sources recoupées"

L'AFP a-t-elle étouffé l'affaire Ferrand ? "Non", répond l'agence, qui n'avait "pas suffisamment de sources recoupées"

POLÉMIQUE - L'affaire agite l'Agence France-Presse depuis quelques jours : l'AFP a-t-elle étouffé l'affaire Ferrand comme le dit le syndicat SNJ-CGT ? La direction de l'information dément.

L'affaire embarrasse quelque peu l'Agence France Presse. Et pour cause, les accusations sont graves. Dans un communiqué publié le 22 juin, le syndicat SNJ-CGT accuse la rédaction en chef d'avoir "étouffé des informations gênantes pour le nouveau pouvoir", au sujet de Richard Ferrand. L'affaire avait été révélée par le Canard Enchainé, le 24 mai dernier, mais selon le syndicat, les journalistes de l'AFP ont été en mesure de la publier avant l'hebdomadaire satirique, sauf que "la rédaction en chef France n’a pas jugé le sujet digne d’intérêt", peut-on lire dans le communiqué

L'affaire ne s'arrête pas là, puisque le syndicat indique également que la rédaction en chef a refusé "le témoignage exclusif de l’avocat qui était au coeur de la vente de l’immeuble litigieux des Mutuelles de Bretagne en 2010-11". "C’était pourtant la première fois qu’une source impliquée dans le dossier confirmait les informations du Canard et pointait la possibilité d’une infraction pénale de M. Ferrand.", explique-t-il. 

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C’est diffamatoire de parler de censureMichèle Léridon, directrice de l'information de l'AFP

L'AFP a-t-elle réellement étouffé l'affaire comme le suggère le SNJ-CGT ? "Non", indique à LCI, Michèle Léridon, directrice de l'information de l'AFP. "Nous avions des bribes d'informations et pas suffisamment de sources recoupées", nous explique-t-elle. Du côté de la société des journalistes, même son de cloche. "L'AFP, n'a pas étouffé l'affaire Ferrand. Elle a respecté les règles rédactionnelles strictes (...) à savoir la recherche de sources fiables et le recoupement d'informations", indique la SDJ dans un communiqué sur Twitter. 


"L'agence ne disposait pas d'éléments suffisamment solides pour sortir cette affaire : nous n'avions qu'une source et elle n'était pas suffisamment fiable", peut-on lire.  En d'autres termes, l'AFP avait les informations mais n'a visiblement pas pu recouper celles-ci ni testé la fiabilité de sa source, avant la parution du Canard Enchainé

Pour Michèle Léridon, "c’est diffamatoire de parler de censure", précise encore la patronne de l'information, jointe au téléphone par LCI. Elle indique par ailleurs qu'elle a évoqué la question lors du dernier Comité d'Entreprise et que deux autres syndicats lui ont précisé qu'ils avaient refusé de se joindre à la CGT, qui représente 14%  des journalistes : "loin d'être majoritaire", dit-elle. 

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