L'humoriste Pierre-Emmanuel Barré démissionne de France Inter après une chronique censurée

L'humoriste Pierre-Emmanuel Barré démissionne de France Inter après une chronique censurée

DÉMISSION - L'humoriste Pierre-Emmanuel Barré a diffusé ce mercredi sur Facebook un sketch refusé par l'émission de Nagui "La Bande originale". Considérant avoir été censuré, il a annoncé son intention de démissionner de France Inter.

Ce mercredi, le chroniqueur et humoriste Pierre-Emmanuel Barré, qui intervenait dans l’émission de Nagui "La Bande originale" sur France Inter, a annoncé sa démission à nos confrères du Parisien. La raison ? Un sketch censuré par l’animateur une demi-heure avant la prisé d’antenne. Mécontent, Pierre-Emmanuel Barré a diffusé sur sa page Facebook le sketch de la discorde.  

"Je démissionne"

Dans cette chronique censurée, l’humoriste défend le point de vue des abstentionnistes qui refusent de choisir entre Emmanuel Macron et Marine Le Pen au second tour de la présidentielle. 

"Quand on me demande ne pas faire une chronique, je démissionne.  Alors, j’ai démissionné. Je n’aime pas être censuré. Là, trente minutes avant ma chronique, ils n’étaient pas d’accord avec l’idée générale. Pourtant, j’ai fait bien pire. Mais tout le monde est tendu en ce moment. Tant pis, ça va me permettre de partir en vacances avant l’heure", confie-t-il à nos confrères du Parisien.

Un son de cloche différent chez Nagui

De son côté, Nagui livre une version bien différente. "Sur le coup, je lui ai simplement dit qu’il n’était pas clair sur l’abstention. Qu’il casse Macron ou Le Pen, ok. Mais qu’il encourage l’abstention, c’est faire le jeu du FN. C’est ma responsabilité de producteur. Mais il a préféré ne pas venir à l’antenne. Après l’émission, je lui ai finalement proposé de faire sa chronique demain sans changer une ligne. Et moi, j’aurais ajouté un mot pour dire d’aller voter. Au lieu de ça, il a préféré le faire sur Internet. Libre à lui", déclare Nagui, l’animateur et le producteur de l’émission.


Il refuse qu’on parle de censure. "Mais non, ce n’est pas de la censure, surtout par rapport à la vraie censure qui risque d’arriver si Le Pen passe. Je suis sidéré qu’on banalise le fait que le FN soit au premier tour, qu’il n’y ait pas eu de manif (…) Alors, vraiment, encourager l’abstention, ça me paraît irresponsable", affirme-t-il.

La porte reste ouverte à un retour

Même si la rupture semble être consommée, la directrice de France Inter Laurence Bloch espère un retour. "C'est regrettable et dommage de démissionner dans la presse… J’espère lui parler demain (jeudi 27 avril)", confie-t-elle au Parisien. "Nagui a été interloqué par la chronique car il a trop longtemps été victime du racisme ! Mais, chez nous, les chroniqueurs ont une liberté absolue", affirme-t-elle.


De son côté, l’humoriste a réaffirmé sa volonté de démissionner à nos confrères. "J’ai démissionné, ça ne risque pas de changer", assurait-il ce mercredi soir.

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