Alex Beaupain : "La gauche au pouvoir, ça finit toujours mal, la preuve !"

Alex Beaupain : "La gauche au pouvoir, ça finit toujours mal, la preuve !"

INTERVIEW - Alex Beaupain est un chanteur élastique, capable de réussir le grand écart entre la chanson à texte et une pop française élégante. À 41 ans, celui dont la chanson « Au départ » avait servi d’hymne de campagne à François Hollande, revient avec "Loin", un cinquième album où il creuse un peu plus le filon de ses petites angoisses et de ses grands drames.

Ce nouvel album est très personnel, avec très peu d’endroit où se cacher…
C’est toujours pareil avec moi, non ? Je raconte ma vie et comme elle n’est pas toujours joyeuse… Encore que, sur certains titres, j’essaie d’être un peu moins désespéré que je ne le suis ! Lorsque j’écris une chanson sur la disparition de mes parents comme "Les Voilà" ou une chanson de rupture, c’est difficile d’être rigolo ! Mais ces nouveaux morceaux sont un peu plus bienveillants. Mélancoliques, certes, mais ils font du bien. C’est réconfortant d’écouter des chansons tristes.

La chanson "Je Te Supplie" c’est la suite du film Les Chansons D’Amour ?
Exactement. C’est une chanson de deuil sur une fiancée que j’ai perdu. Une histoire racontée dans le film de Christophe Honoré. Ça fait deux albums que je n’avais pas écrit sur ce sujet. Je me disais "fais gaffe: tu vas passer ta vie à écrire des chansons là-dessus et au bout d’un moment ça va faire chier les gens." Et puis arrive cette ballade déchirante de Julien Clerc et je me dis : quelle chance extraordinaire de pouvoir écrire une nouvelle chanson sur ce thème mais cette fois sur une musique de Julien Clerc !

Les chansons consolent-elles d’un tel drame ?
Je ne sais pas si mes chansons sont des consolations. Mais je peux ériger des tombeaux symboliques aux gens qui disparaissent. Généralement quand quelqu’un meurt, il y a un enterrement, on pleure, on rit puis on est tout seul. Moi je peux en faire des chansons, un film, c’est une chance.

C’est un album de quadra ?
Un disque middle age, oui. J’ai 41 ans, et l’espérance de vie pour un homme est de 82 ans donc j’y suis ! (rires) Ça me terrifie d’ailleurs. Je n’ai jamais été aussi heureux alors je veux pas mourir ! Vous savez, les chanteurs sont de grands égocentriques immatures ! Et on utilise des motifs récurrents qui existent dans la chanson française. La chansons sur le temps qui passe, c’est un classique: d"Avec le temps" à "Que reste-t-il de nos amours?" en passant par "La beauté d’Ava Gardner" de Souchon ou "Mistral Gagnant" de Renaud. Moi quand je m’y essaie, ça donne une chanson comme "Loin" .

En 2012, votre chanson "Au Départ" a été choisie comme hymne de campagne du candidat Hollande. Quel bilan faites-vous de son mandat ?

Que la gauche au pouvoir, ça finit toujours mal, la preuve ! (rires) Je suis très déçu mais pas surpris. J’ai toujours voté socialiste et je recommencerai sûrement. Quant à cette chanson, c’est Martine Aubry qui l’avait repérée la première. Je n’essaie pas de me dédouaner parce que Hollande est dans la merde ! Mais je ne sais pas si ce président a beaucoup de goûts pour la chanson… ou pour la culture, en général. Ce qui m’amusait, c’est que le lendemain où il a choisit cette chanson, Sarkozy avait choisi une chanson de Julien Clerc. On s’était dit qu’on allait tous les deux se partager les territoires politiques ! 

>> Loin, d’Alex Beaupain, chez Capitol/Universal Music. En tournée dans toute la France dès le 25 mars. Toutes les dates sur son site officiel 

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