Alors il vaut quoi "Blackstar", le nouvel album de David Bowie ?

Alors il vaut quoi "Blackstar", le nouvel album de David Bowie ?

ÉVÉNEMENT - David Bowie revient avec "Blackstar", un nouvel album intense et exigeant, le jour de son 69ème anniversaire. Et metronews est sous le charme !

Bowie est un stratège, un expert en coups d’éclat. En 2013, alors qu’on le disait lassé par la musique et reclus dans la paternité, le chanteur avait surpris son monde en publiant un nouvel album enregistré dans le plus grand secret. En 2016, le Thin White Duke fait à nouveau parler avec un comédie musicale et un nouvel album, disponible le jour de son 69e anniversaire.

Un saxophone omniprésent

Si The Next Day était un disque de rock touffu soldant dix années d’une abstinence musicale, ce nouvel album, intitulé ★ ("Blackstar"), est une oeuvre plus expérimentale où le chanteur reprend goût à l’innovation. Un album mis au point avec l’aide de jeunes jazzmen comme le guitariste Ben Monder et l’omniprésent saxophoniste Donny McCaslin mais dont le travail vient surtout colorer par touche ou sous couche les compositions du maître. 

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L’album s’ouvre donc avec une "étoile noire", premier single découvert il y a quelques semaines. Etirée sur près de 10 minutes, Blackstar est une ode mystique, sorte de collision de deux chansons, sur laquelle Bowie manie avec virtuosité l’ombre et la lumière. Un titre à l’atmosphère oppressante et aux paroles, parait-il, inspirées par DAESH ("le jour de l’exécution, seules les femmes agenouillent et rient").

Portée par une batterie à la "China Girl", "Tis a Pity She Was a Whore," littéralement "Dommage qu'elle soit une putain", est en fait une relecture d’un titre déjà paru en 2014. Inspirée d’une pièce de John Ford au XVIIe siècle, Bowie y est au prise avec une femme qui "frappe comme un mec" et qui décide de "garder sa bite". Les détonations "free jazz" qui émaillent cette nouvelle version rappelleront au fans du chanteur son album Black Tie White Noise.

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Deuxième single du disque, "Lazarus" a été composé pour la pièce du même nom actuellement jouée à New York. Bowie se glisse a nouveau dans la peau de Thomas Jerome Newton, son personnage dans le film L’Homme Qui Venait D’Ailleurs. Cette mélopée inquiétante rappelle le titre "Slip Away" paru sur l’album Heathen. L’acteur Michael C. Hall (Dexter, Six Feet Under), qui reprend sur les planches le rôle joué au cinéma par Bowie, a d’ailleurs chanté ce nouveau titre sur le plateau du "Late Show" de Stephen Colbert, en décembre dernier.

On passera sur la dispensable version jungle/indus de "Sue (Or In A Season Of Crime)" déjà paru en 2014 pour s’attarder sur "Girl Loves Me", l’une des trois merveilles du disque. Elaborée dans les mêmes chaudrons que Outside, son album de 1995, cette chanson "à tiroirs", écrite dans une langue empruntée à "Orange Mécanique", est l’occasion pour le chanteur de démontrer sa puissance théâtrale et sa maitrise vocale. "Bordel, mais où sont passés les lundis ?", se demande le musicien avant d’enchainer sur "Dollar Day", ballade crépusculaire, certes de facture plus classique mais terrassante de beauté.

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L’album se clôture sur "I Can't Give Everything Away", titre-somme portant en lui plusieurs des vies de David Bowie. Tout est là : les guitares frippienne de Scary Monsters, le synthé de "Thursday’s Child", l’harmonica de l’ instrumental "A New Career in a New Town"… Dans un texte que l’on fantasme volontiers autobiographique, Bowie tombe enfin les masques et semble s’adresser directement à son public. "Combien de fois devrais-je répéter que je ne peux pas tout donner ?", demande le chanteur, bientôt âgé de 69 ans. Lui seul pourtant connait la réponse à cette question.

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