"Dystopia" : Dave Mustaine n'est pas content... et Megadeth en profite

"Dystopia" : Dave Mustaine n'est pas content... et Megadeth en profite

METAL ATTITUDE – C'est l'une des références du genre. Megadeth, le groupe de l'ancien guitariste de Metallica, Dave Mustaine, revient en force avec "Dystopia" (Tradecraft / Universal), son 15e album studio. Avec de nouveaux musiciens talentueux et une mauvaise humeur revigorante.

"Pourquoi nous couchons-nous devant ceux qui s'opposent au monde américain ?", déplore Dave Mustaine, 54 ans, sur Post American World, l'un des morceaux (très) énervés de Dystopia, 15e opus studio de Megadeth, le groupe dont il contrôle la destinée depuis plus de 30 ans et son départ, avec pertes et fracas, d'un tout jeune groupe baptisé Metallica. Une rage salutaire, si l'on se fie au résultat.

Nouveaux musiciens, nouveau départ

S'il a enchaîné les classiques à ses débuts, "l'autre" géant du thrash a joué avec le feu à la fin des années 1990, délaissant les sonorités furieuses et les tempos complexes pour flirter avec la pop (le gênant Risk et sa tapette à souris sur la pochette !). Débarrassé de ses démons divers, le rouquin rageur est revenu sur le devant de la scène au début de la dernière décennie, avec des albums de bonne facture... jusqu'au sinistre Super Collider, il y a trois ans.

Comme si à chaque fois qu'il se réconciliait avec les fans de metal, maître Mustaine voulait à tout prix pondre (aussi) un tube à fredonner dans les charts. Nouveau rétro-pédalage sur ce Dystopia presque inespéré : avec l'aide du virtuose brésilien Kiko Loureiro (Angra) à la guitare et du féroce Chris Adler (Lamb of God) à la batterie, le quatuor, complété par le fidèle Dave Ellefson à la basse, livre une cuvée plutôt savoureuse.

"Nous assistons au déclin de la civilisation occidentale"

Les riffs de guitare sont énormes, la rythmique supersonique et les refrains percutants. Surtout Dave Mustaine semble puiser dans l'actualité matière à une poignée de charges virulentes contre la politique internationale de son pays. "Le messie ou le tueur de masse, on ne contrôle plus ceux qui franchissent nos portes", s'inquiète ce détracteur assumé de Barack Obama sur The Threat is Real. "Nous assistons au déclin de la civilisation occidentale", déplore-t-il plus loin sur le virulent "Lying State". "On attaque la famille, la foi et les rêves."

S'il n'a pas peur de passer pour un vil réactionnaire, c'est lorsqu'il ouvre son cœur (sombre) que le leader de Megadeth est le plus convaincant. Ça donne le magnifiquePoisonous Shadows, avec une inquiétante intro acoustique, des choeurs vaporeux et un déchirant piano solo de Kiko Loureiro pour finir. "Combien de secrets conserves-tu à l'intérieur, combien de péchés as-tu besoin de cacher ?", semble demander l'ombrageux Mustaine à son double diabolique. Le mal lui va si bien, c'est sûr.  

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