Etienne Daho évoque son éternelle jeunesse chez Oscar Wilde

VISITE PRIVEE – Etienne Daho lance cinq nouvelles rééditions de ses albums, augmentés d’inédits, de raretés et de duos retrouvés. A 60 ans, l’éternel jeune homme de la chanson française évoque son passé en déambulant dans l’exposition Oscar Wilde au Petit Palais, réservée à LCI ce jour-là.

Elégant et spirituel, Oscar Wilde aurait apprécié un tel visiteur. Etienne Daho promène sa silhouette svelte dans l’exposition que le Petit Palais consacre au flamboyant dandy irlandais. Le musicien admet connaître assez peu Wilde, mais comme toutes les formes d’art le passionnent, il est dans son élément. "J’ai une passion pour Francis Bacon, qui était la muse de mon album précédent", avoue Daho. "J’ai été obsédé par sa peinture, que je peux ressentir physiquement. C’était aussi un être d’une intelligence remarquable, avec une manière d’aborder son art avec beaucoup d’humilité et de détermination en même temps."

Des disques comme les chapitres d'une biographie

On pourrait en dire de même d’Etienne Daho lui-même : à 60 ans, sa carrière n’a pas vraiment connu de bas. Il suffit d’écouter ses anciens albums qui sortent cette semaine en éditions Deluxe, des doubles disques remasterisés et augmentés d’inédits, de raretés, de duos et de morceaux live : Tombé pour la France, Pour nos vies martiennes, Paris ailleurs, Résérection et Le Condamné à mort (avec Jeanne Moreau).


"C’est une collection qui est devenue comme un rendez-vous", explique-t-il : "ça a commencé il y a dix ans, avec un premier volume Deluxe de Pop Satori. Puis on m’a demandé de continuer, et on en sort tous les deux ans." Réécouter "Tombé pour la France", retrouver des inédits, nettoyer les bandes, c’est mieux que feuilleter les pages d’un album photo : "C’est presque comme si j’écrivais les chapitres de ma biographie, ça capture le climat musical de l’époque, mais aussi les balbutiements, les recherches avec les maquettes… Les live, les duos, les remixes, ça forme un tout qui raconte véritablement l’histoire du disque."

Parmi les trésors exhumés, Daho a retrouvé un duo avec Daniel Darc, "un moment assez fort, émotionnellement et artistiquement. Il y aussi un duo avec Chris Isaak". Acheteur de disques, Daho a aussi tenu à faire de ces rééditions de beaux objets : "C’est une passion, et il est important de mettre son cœur dans toutes les étapes de ce processus, seul le résultat compte et je veux qu’il soit conforme à mon rêve."


Un rêve qui lui ressemble toujours, sensible, pudique. L’Etienne Daho époque Pour nos vies martiennes (1988) n’est pas si différent de celui qui ne fait pas ses 60 ans. "J’ai toujours les mêmes choses en tête que lorsque j’ai fait mon premier album. C’est toujours la même excitation de faire un nouveau disque, je suis d’ailleurs en train d’enregistrer, et mes envies et mes exigences sont toujours les mêmes." Sa période d’écriture terminée, il enregistrera son nouvel album au printemps, "si les muses sont avec moi". Pas d’inquiétude,  elles ne l’ont jamais lâché. 

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