Ghost : "Nos chansons ne parlent ni de Dieu, ni du Diable, mais des hommes !"

Ghost : "Nos chansons ne parlent ni de Dieu, ni du Diable, mais des hommes !"

INTERVIEW - Avec son imagerie infernale et son rock mélodique, le groupe suédois Ghost connait un succès grandissant qui dépasse les frontières habituelles du metal. Notamment aux Etats-Unis, où ces adorateurs de Satan sont d’ailleurs nommés aux prochains Grammy Awards aux cotés de Justin Bieber et Taylor Swift. Rencontre avec l’un des musiciens, surnommés les "Nameless Ghouls", en tournée cette semaine dans toute la France.

Les musiciens de Ghost sont surnommés les Nameless Ghoul (Goules Sans Nom - ndlr), portent des masques de diables, et votre chanteur est grimé en pape satanique. C’est une façon de préserver votre anonymat ?
Nameless Ghoul : On n’a pas choisi les masques parce qu’on est timides ! On s’est juste dit "faisons comme au théâtre !". Quand on va voir une pièce la plupart du temps on ne connait pas les acteurs. Gamin, j’étais très excité à l’idée d’aller voir CATS, parce qu’il avait des filles sexy en costume de chatte et que je n’avais pas la moindre idée de leur identité ! On est un groupe de rock mais on a plus en commun avec le musical, le théâtre ou une installation artistique qu’avec un groupe de metal.

Il y a d’ailleurs tout un débat pour savoir si vous êtes un groupe de metal ou non. Car vos morceaux sont étonnement mélodiques pour le genre. Comment décririez-vous votre musique?
Mélodique ça me va. S’il faut expliquer ce que qu’on fait à quelqu’un qui n’a aucun idée de ce qu’est le metal aujourd’hui je dirais qu’on fait une musique en mode mineure, sombre et mystérieuse. ll y a eu beaucoup de débat pour savoir si on était un groupe de metal ou pas. Sûrement car le son sur nos deux premiers album était plus soft. C’est peut-être pour ça que les fans traditionnels de metal ont du mal avec nous.

Peut-être aussi car vous n’avez pas peur de travailler avec des gens de la pop. Klas Åhlund, le producteur de votre dernier album, Meliora, est réputé pour ses collaborations avec Britney Spears et Katy Perry…
C’est vrai. C’est son disque avec Robyn qui a fait la différence. Avant c’était une chanteuse pop pas très intéressante. Et puis elle a muté. En 2005, elle a sorti ce album pop si bizarre et spécial. Et c’était le son de Klas. Mais je le connaissais déjà à l’époque de son groupe Teddybears. Il écrit des tas de chansons pour la pop mais c’est un vrai rockeur !

Les paroles de vos chansons sont clairement sataniques. C’est une philosophie ou une posture ?

Parfois on me demande : "Comment vous pouvez chanter Dieu de la sorte ?" Mais nos chansons ne parlent pas de Dieu ! Ni du Diable ! Elles parlent des hommes. On chante la manière dont l’homme communique avec Dieu ou Satan. Comment on traite notre prochain à cause de ces choses auxquelles on croit.

Soutane, tiare... le costume de scène de votre chanteur est une version méphistophélique du costume du Souverain Pontife. Vous voudriez qu'il remplace le pape François ?

À la fin de la journée, on n’est pas si différents. On s’habille quasiment pareil, et on dit à tout le monde qu’ils finiront par brûler en enfer. La plus grosse différence, c’est que nous essayons de remettre en question l’idée de religion. Les crimes commis au nom du satanisme tiennent sur les doigts de mes mains. Mais je n’ai pas assez de doigts pour comptabiliser ceux commis au nom de l’Eglise. La différence entre notre messe et celle de l’Eglise, c’est qu’en quittant la nôtre, tu es censé repartir heureux et d’avoir envie de niquer. Avec la religion catholique, c’est tout le contraire !

Vous êtes nommés aux Grammy Awards dans la catégorie "meilleure performance metal". Comment expliquez-vous votre succès américain ?
Ce n’est pas un hasard si nous avons d’abord eu du succès aux Etats-Unis. C’est un pays très religieux mais les Américains ont l’habitude de l’entertainment, du musical, du cash, etc. On a joué chez Stephen Colbert à une heure de grande écoute, mais parce que c’était Halloween. Les Grammys ça va être fun. Et on va croiser des artistes d’autres univers musicaux, Je sais que je vais prendre du plaisir. Mais bon, aucun groupe non-américain ou non-britannique n’a jamais gagné, donc on y va décontractés…

>> Meliora, le dernier album de Ghost est disponible sur iTunes et autres plateformes de téléchargement. Et en tournée dans toute la France : le 6 février à la Rochelle, le 8 à Grenoble, le 9 à Bordeaux, le 10 à Nîmes, en juin au Download Festival à Paris puis au Hellfest, à Clisson.

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