"Hardwired to self-destruct" : pourquoi Metallica n’ira pas (tout de suite) à la casse

"Hardwired to self-destruct" : pourquoi Metallica n’ira pas (tout de suite) à la casse

INOXYDABLES – Avec "Hardwired to self-destruct", son 10e album depuis 1981, Metallica vient de décrocher la première place des charts, aux Etats-Unis comme en France où l'ombrageux James Hetfield et ses partenaires ont détrôné le sémillant M. Pokora. La preuve, si nécessaire, de la toute puissance d’un groupe qui n’en a toujours fait qu’à sa tête.

Peut-on faire du neuf avec du vieux ? C’est la question qu’on se pose, immanquablement, en abordant Hardwired… to Self-Destruct, le premier album de Metallica depuis 2008. Le 10e, seulement, du groupe fondé en 1981 à Los Angeles par le chanteur-guitariste James Hetfield et le batteur Lars Ulrich. Avouons-le : après avoir signé un sans-faute, jusqu’au Black album, en 1991, ces piliers du genre divisent à chaque nouvelle sortie. Le virage blues rock de Load et ReLoad, la production "lo-fi" de St. Anger, ou encore la collaboration hasardeuse avec feu Lou Reed sur Lulu, souvent considéré, à tort, comme l’un des pires disques de tous les temps… Metallica a un peu (beaucoup) érodé la patience de son public, y compris le plus fidèle.


Death Magnetic, en 2008, voyait les "Four Horseman" renouer avec les chevauchées fantastiques de leurs classiques des années 1980, l’expérience en plus. Enregistré sur une période de près de quatre ans, avec le producteur Greg Fideman aux manettes, Hardwired prolonge cette résurrection tardive. Dès le premier titre et premier single, qui donne son titre à l’album, les membres de Metallica jouent donc fort et bien, avec un son de batterie colossal qui rappelle celui du Black Album. Et une construction radicale qui renoue avec leurs racines hardcore de Kill 'em all. Le meilleur des deux mondes, en somme.

Mais si la musique de Metallica reste passionnante, après toutes ces années, c’est peut-être aussi parce qu’elle ne cherche pas à séduire à tout prix : pas de refrains évidents, des parties instrumentales à rallonge, disons-le répétitives, et des paroles cafardeuses, voire cauchemardesques. "He wakes as the world dies screaming (il se réveille alors que le monde meurt autour de lui en criant)", gronde James Hetfield sur le puissant "Dream No More", que ne renierait pas Black Sabbath. La cinquantaine passée, le chanteur et guitariste conserve la rage chevillée au corps (et au micro), sans qu’on doute jamais de sa sincérité.  


Hardwired… to Self-Destruct n’est pas un album évident, au premier abord. Si des titres comme "Atlas, Rise !" et "Moth into flame" foncent bille en tête, d’autres comme "Halo on Fire" et "Am I Savage" empruntent des chemins de traverse séduisants pour peu qu’on leur accorde plusieurs écoutes attentives. C’est, au fond, la force de Metallica : lorsqu’on a inventé un genre, le trash metal en l’occurrence, rien ne vous empêche de le redéfinir à l’envie, n’en déplaise aux puristes, qui voudraient que rien ne change. En musique, ils sont souvent moins nombreux que dans d’autres domaines, heureusement…

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