Johnny Hallyday : "La variété, il y en a qui font ça très bien à ma place"

Johnny Hallyday : "La variété, il y en a qui font ça très bien à ma place"

INCREVABLE – 50 albums studios, qui dit mieux ? Moins d'un an après le carton de l'excellent "Rester vivant", Johnny Hallyday remet le couvert avec "De l'amour", un opus enregistré dans l'urgence, l'été dernier chez lui à L.A. De passage à Paris, il s'est confié devant quelques journalistes. metronews était de la fête...

"Ca ne finira jamais", chantait Johnny Hallyday en 2008 sur l'album du même nom. Sept ans plus tard, ses graves ennuis de santé derrière lui, le "patron" du rock français n'en fait plus qu'à sa tête, n'écoutant que son envie, et ça lui réussit plutôt bien. Il y a moins d'un an, Rester Vivant, son 49e album, s'était vendu comme des petits pains tandis qu'il tournait sans relâche, en France, mais aussi Etats-Unis, son pays d'adoption. C'est d'ailleurs à L.A., avant de prendre la route, qu'il a enregistré De l'amour, dans le plus grand secret, l'été dernier. A ses côtés, le chanteur, guitariste et producteur Maxim Nucci, alias Yodélice, qui avait déjà croisé sa route sur Jamais seul, l'album maudit de 2011 avec Mathieu Chedid.

"Je n'enregistre pas des albums pour faire des tubes"

"On l'a fait très vite, en dix jours. On voulait quelque chose de plus simple, à la Johnny Cash", raconte Johnny en conférence de presse, dans les salons luxueux d'un palace parisien à deux pas des Champs-Elysées. Musicalement, ces dix nouveaux titres marient habilement rockabilly, country music, folk et rythm'n blues. Le son est chaud, la voix grave. Le plaisir évident. "Je n'enregistre pas des albums pour faire des tubes mais de la musique que j'aime", insiste la star, lorsqu'on l'interroge sur cette frénésie tardive. "La variété, il y en a qui font ça très bien à ma place". Voilà qui est dit.

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Reste que si le Johnny 2015 sonne très vintage, ses textes sont en prise direct avec l'actualité. C'est le cas de "Dans la peau de Mike Brown", écrit par Pierre-Dominique Burgaud en référence au jeune noir de 18 ans abattu par un policier à Ferguson, en août 2014. "Je vis aux Etats-Unis depuis une dizaine d'années et la violence de la police vis-à-vis des noirs, ça m'a toujours choqué. En France, ça ne se passerait pas comme ça. Mais là-bas certains sont tellement racistes." Dans un autre registre, "Un dimanche de janvier", écrit par Jeanne Cherhal, évoque les manifestations en mémoire aux victimes de la tuerie de Charlie Hebdo.

 "Je suis beaucoup sur Twitter, je lis les messages"

"Wolinski, je le connaissais un petit peu. Il m'envoyait ses caricatures. Ce qui est arrivé, ça m'a touché énormément. Alors cette chanson c'est un petit hommage à sa famille", explique modestement Johnny. "Dans le monde, il s'est passé des choses graves. Dramatiques. Aujourd'hui il y a de l'amour à donner. Je ne parle pas à la place des victimes. C'est un compte rendu, une constatation", dit-il, prudent. Idem lorsqu'il aborde la crise des migrants dans "Valise ou cercueil", signé Pierre Jouishomme. "Fuir la guerre et se noyer en mer... C'est terrible. Je n'ai pas la solution, mais il faut en parler."

Christophe Miossec, un habitué, Aurélie Saada du duo Brigitte mais aussi Vincent Delerm ont également prêté leur plume à un disque qui devrait ravir les fans de la première heure. Et pourquoi pas convaincre les derniers sceptiques que le Johnny des années 2010 est un homme de son temps. "Je suis beaucoup sur Twitter, je lis les messages", révèle le rockeur de 72 printemps, qui annonce sa volonté d'enregistrer encore un nouveau disque, toujours avec "mon ami Yodélice". Sa plus grande fierté ? "C'est ma famille, ma femme, mes filles, les choses essentielles de la vie."  

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