Muse à l’AccorHotels Arena : chronique d'un show super-massif

Muse à l’AccorHotels Arena : chronique d'un show super-massif

COMPTE-RENDU - Le trio britannique Muse squatte l’AccorHotels Arena pour une semaine de concerts à l’occasion de leur Drone World Tour. Lundi soir, le groupe a rivalisé d’ingéniosité pour proposer un show concept et futuriste. On y était, on vous raconte.

On connaissait le terme d'album concept. Avec son "Drone World Tour", Muse propose, lui, un concert concept. Un gros show spectaculaire et futuriste à mi-chemin entre Le Cinquième élément et Star Wars. L'AccorHotels Arena est transformée en vaisseau spatial. La scène (rotative) est au centre, immense, et les spectateurs l'entourent. Ce qui permet aux fans d'être au plus près de leurs idoles. Les drones, quant à eux, sont les autres stars de la soirée. Ils ouvrent la soirée et virevolteront dans les airs de l'immense salle pendant une grande partie du concert.

Humanoïdes et mains géantes

Il est 21h30 quand le trio débarque, conquérant, avec le rugissant "Psycho". La couleur est annoncée d'entrée : ça va être super-massif. Les guitares vrombissent, la batterie puissante et le rock très agressif (plus hard que rock d’ailleurs). Guitare en bandoulière, Matthew Bellamy est partout Avec sa guitare pailletée, il parcourt la salle de part en part, sautant comme un lièvre furieux d'un pied de micro à l'autre, une dizaine au total, éparpillés un peu partout sur la scène.

Les titres s'enchaînent avec une mécanique bien huilée. Avec plus de vingt ans de carrière, Muse a eu le temps de se constituer un large répertoire de tubes : "Dead Inside", "Plug In Baby" (scandé d'une même voix par toute la salle), "Supermassive Black Hole", "Starlight" et même "Time Is Running Out" ou "Citizen Erased". Le groupe se fait quelques petits plaisirs et reprend quelques mesures des titres d’AC/DC, Jimi Hendrix et même "L'homme à l'harmonica" d'Ennio Morricone. Mais ce n’est pas tout.

Comme Muse à la folie des grandeurs, ils n'ont pas lésiné sur les moyens visuels. Tout au long des deux heures de show, en plus des drones et des caméras qui survolent la salle, de larges voiles tombent régulièrement du plafond pour laisser apercevoir des projections : quelques extraits de clips, une femme humanoïde que l’on voit se transformer petit à petit, un monde en désolation, JFK, les Anonymous aussi, et des mains géantes qui s’amusent à tirer des ficelles imaginaires et diriger les trois musiciens comme des pantins. Impressionnant. Le show est impressionnant.

Un petit manque d'humanité quand même...

La machine est parfaite, mais manque parfois d'humanité. Certes, le Drone World Tour raconte l'histoire d'un monde robotique sans âme et sentiment et c'est exactement ce qui manque à ce concert. Il n’y aucune interaction entre le public et le groupe, donnant l’impression d’être plus dans un cinéma qu’à un concert. Matthew Bellamy adressera trois mots dans la soirée : "bonsoir Paris" et "come on !", au bout de six chansons.

Entre les musiciens aussi, peu d'échanges. Ils jouent les uns à côté des autres, mais pas les uns avec les autres. Mais peu importe, ça n'empêche pas les fans de bondir dans la fosse, de chanter, sauter, crier les paroles et bombarder le groupe de photos pour immortaliser le show et la scène. Ok, il faut dire qu'elle était vraiment belle, cette scène. 

>> Muse, à l'AccorHotels Arena de Paris, les 1er, 3 et 4 mars
  

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