Qui sont Bigflo et Oli, les rappeurs qui ont mis un vent à Véronique Genest ?

Qui sont Bigflo et Oli, les rappeurs qui ont mis un vent à Véronique Genest ?

PORTRAIT - Bigflo et Oli fuient comme la peste les clashs. Mais c'est celui qui les oppose à Véronique Genest qui vient de mettre un gros coup de projecteur sur ces deux ovnis du rap. Mais qui sont-ils ?

Il y a Florian et Olive. Bigflo et Oli, deux frangins de Toulouse. Deux rappeurs de moins de 25 ans qui bousculent les codes du rap. Ils sont loin des clashs habituels et des clichés qui pullulent dans cet univers. Chez Bigflo et Oli, pas de filles à poils, pas de billets verts qui volent, pas de chaînes en or qui brillent ou de grosses voitures tapageuses, pas de punchlines agressives marinées dans un langage plus ou moins fleuri. Loin de La Fouine ou Booba. Loin des prisons, eux, ce sont plutôt des rappeurs qui composent à côté d'un tapis de Monopoly.

Bigflo et Oli font partie de cette nouvelle génération de rappeurs qui apportent un vent de fraîcheur dans le monde, parfois très stéréotypé et crispé, du rap. Le rap, ils sont nés après son âge d'or, mais ils sont tombés dedans quand ils étaient petits, un peu comme Obelix dans la marmite de potion magique. C'est avec le son de IAM qu'ils ont grandi et c'est à l'école du Micro d'Argent qu'ils ont tout appris : les rimes, les punchlines, les textes subtils pleins d'ironie. Florian (aka Bigflo) se rappelle d'ailleurs : "On l’avait gravé sur un CD et ça a été la claque internationale. On l’a écouté en boucle pendant presque deux ans. Pour nous c’est l’album parfait".

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Des poèmes et du rap

La différence avec les autres rappeurs français (ou rappeurs tout court), c'est le parcours atypique qu'ont suivi les deux frangins avant de choisir leur direction musicale. Leurs armes, ils les confectionnent au conservatoire. L'un apprend la trompette, l'autre la batterie. On comprend mieux l'importance de la rythmique dans les phrases de leurs chansons. A la maison, on écoute plutôt de la salsa et de la chanson française et, c'est écoutant les chanteurs favoris de la maman qu'ils nourrissent cet amour pour les textes si bien ficelés. Ils racontent que petits, "on écrivait des poèmes, on faisait du rap sans le savoir. Le rap nous a permis de mixer la passion qu’on avait pour l’écriture avec l’amour de la musique".

En 2014, le duo frappe un grand coup avec un EP, Le Trac. Quelques titres annonciateurs d'un futur succès. Avec "Monsieur Tout Le Monde", ils montrent leur côté sombre, avec "Gangsta", ils se moquent gentiment des rappeurs bling-bling. Toujours avec humour et subtilité. L'humour, il se cache aussi un peu partout dans leur album, La cour des grands, paru en 2015. (15 000 exemplaires vendus dès la première semaine). L'autodérision aussi. Ils avouent avoir une passion cachée pour les pics qu'ils s'envoient à longueur de journée. Dans "C'est qui ces deux-là", ils assument ne pas avoir la gueule de l'emploi. Pas de tablettes, d'abdos, eux, ils sont plutôt "silhouette d'allumette". Pas de guerre des égos non plus. Ils parlent aussi des soirées foirées que connaissent parfois les jeunes dans "Comme d'hab" qu'un Orelsan n'aurait pas renié. Ils abordent également des questions plus sensibles : l'avortement, quelques faits divers, le temps qui passe, la mort, la religion. Ils n'ont pas même pas 25 ans mais Bigflo et Oli ont assurément déjà gagné leur place dans la Cour des Grands.
 

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