VIDÉO - Quand Mitterrand se faisait interpeller par Balavoine : ''Le désespoir entraîne le terrorisme''

VIDÉO - Quand Mitterrand se faisait interpeller par Balavoine : ''Le désespoir entraîne le terrorisme''

COMBAT - Il y a cent ans jour pour jour naissait François Mitterrand. Un homme politique qui marqua son époque par des moments de télévision, notamment lors de son passage sur le plateau de ''Antenne 2 Midi'' en 1980, où il est vertement interpeller par Daniel Balavoine, qui l'alerte sur le désespoir des plus jeunes.

Ces mots résonnent encore avec l'actualité. Le 19 mars 1980, François Mitterrand intervient sur le plateau d'Antenne 2 Midi, l'ancien journal télévisé de France 2, aux côtés d'une figure du moment, le chanteur Daniel Balavoine, jamais le dernier pour prendre la parole sur un plateau télévisé, en particulier face à un homme politique.


Alors que celui qui n'est encore que candidat de la gauche à la présidentielle n'en finit plus d'évoquer les bisbilles entre Parti socialiste et Parti communiste, Daniel Balavoine s'énerve. ''J'ai juste le temps de me mettre en colère […] de paraître pour un petit merdeux […] si j'avais su que je ne pouvais rien dire, j'aurais dormi beaucoup plus tard'', lance-t-il en se levant et en faisant mine de partir.

''La jeunesse ne croit plus en la politique française''

Son petit effet accompli, Daniel Balavoine obtient quelques minutes de parole accordées par le futur Président, qui le laisse dérouler sa diatribe anti-élites : "Pardon mais savoir ce que Georges Marchais faisait pendant la guerre, tout le monde s'en fout, monsieur Mitterrand [...] Moi j'aimerais plutôt connaître le nom de ces gens qui osent louer à des jeunes ou des travailleurs immigrés un taudis pour 700 francs par mois. [...]  Il n'y a jamais eu un jeune ministre de la Jeunesse en France. C'est tous des vieux. Regardez monsieur Soisson. Vous n'allez pas me dire que c'est un homme représentatif de la jeunesse. Regardez comment je suis habillé. Ils sont plus souvent habillés comme moi les jeunes que comme Monsieur Soisson.''


L'interprète de ''Vivre ou survivre'', cheveux long et blouson de cuir, s'insurge ensuite contre l'absence de jeunes dans les médias avant d'évoquer un malaise bien plus profond. ''C'est un avertissement. La jeunesse se désespère. Elle est profondément désespérée. Elle n'a plus d'appui. Elle ne croit plus en la politique française. Le désespoir est mobilisateur et quand il devient mobilisateur, il devient dangereux et ça entraîne le terrorisme. Il faut que les grandes personnes qui dirigent le monde soient prévenues que les jeunes vont finir par virer du mauvais côté parce qu'ils n'auront plus d'autres solutions'', lance-t-il devant un François Mitterrand qui reste sagement en retrait.


Le futur président de la République finira par répondre au chanteur, tout en caresse savamment distribuées, en bon homme politique : "Daniel Balavoine est un citoyen typique : il représente des centaines de milliers de jeunes confrontés à une société bétonnés avec des portes qui se ferment par centaines. Vous devez être entendu."

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