Devant l'ONU, Inna Modja raconte la douleur de l'excision

Devant l'ONU, Inna Modja raconte la douleur de l'excision

TEMOIGNAGE - A l'occasion de la Journée mondiale contre l'excision, lundi 8 février, Inna Modja est venue témoigner devant l'ONU, à New York, de la mutilation qu'elle a subie quand elle était enfant. La chanteuse d'origine malienne a ensuite pu bénéficier d'une opération de reconstruction du clitoris.

En 2016, l'excision reste une douloureuse réalité pour de trop nombreuses fillettes. A l'occasion de la Journée mondiale contre l'excision, lundi 8 février, l'ONU a invité Inna Modja à venir témoigner. A New York, la chanteuse d'origine malienne a raconté son calvaire. Lorsqu'elle avait près de 5 ans, pour respecter la tradition, une proche de sa famille l'a excisée contre la volonté de ses parents.

''J'ai perdu mon identité quand j'ai été excisée. Je ne savais plus qui j'étais, je ne sais plus quelle était ma place dans la société. Je ne savais pas que je pouvais être forte puisque en me coupant on me disait tu n'es pas assez bien. J'avais toutes ces questions et puis la musique m'a aidée à refermer mes cicatrices'', a raconté Inna Modja avec beaucoup d'émotion.

En finir avec l'excision en 2030

Ce drame, elle l'évoque notamment dans la chanson ''Speeches'', qu'elle interprète en duo avec Oxmo Puccino. ''J'avais envie de parler de ce sujet, qui est tellement difficile et atroce, dans ma musique. Mais même si j'utilise des mots qui sont plus poétiques cela n'enlève rien à la souffrance que connaissent les victimes (…) Est-ce qu’à un moment, on va enfin nous aimer, nous accepter pour ce qu'on est ? Et est-ce qu'on va aussi nous demander pardon pour tout le mal qu'on a pu nous faire ?'', a-t-elle lancé.

Selon l'ONU, les pays où les petites filles sont les plus exposée à cette mutilation sexuelle restent la Gambie (56% des jeunes filles excisées), la Mauritanie (54%) et l'Indonésie (environ 50%). L'organisation espère éradiquer ce fléau d'ici à 2030. Un espoir partagé par Inna Modja. ''La discussion, l’éducation, sont les clés du changement. Mais je pense qu’on va y arriver, petit à petit. On se dirige vers la fin de l’excision'', a-t-elle estimé.

Une opération de reconstruction

L'ancienne mannequin n'a pris conscience de son drame personnel qu'à l'âge de 18 ans à la faveur d'un rendez-vous chez une gynécologue à Paris. Elle a ensuite pu bénéficier d'une opération de reconstruction du clitoris, un acte chirurgical qui lui a permis de sentir enfin ''complète''.

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