Procès Bill Cosby : comme attendu, l'acteur ne témoignera pas

Procès Bill Cosby : comme attendu, l'acteur ne témoignera pas

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JUSTICE - Devant le tribunal de Norristown, Bill Cosby a confirmé qu'il ne témoignerait pas lors de son procès. Une position déjà rendue publique avant l'ouverture des débats, mais que ses avocats envisageaient de remettre en cause. En vain, manifestement.

C'était pourtant l'un des moments les plus attendus de ce procès : le témoignage de Bill Cosby, accusé d'agressions sexuelles par Andrea Constand. S'il avait, un temps, été question que l'acteur parle devant le jury, avant l'ouverture du procès, cette fois, c'est certain, il ne le fera pas. 


"Vous avez décidé de ne pas témoigner dans ce dossier?" a demandé au comédien le juge Steven O'Neill, à la reprise des débats ce lundi 12 juin, après une première semaine très animée. "Oui", a répondu Bill Cosby. "Est-ce votre décision de ne pas témoigner?" a poursuivi le magistrat. "Oui", a déclaré l'accusé.  

Le jury se retirera probablement dans la soirée pour délibérer

Sous les yeux de son épouse Camille, présente pour la première fois à l'audience, Bill Cosby demeurera donc silencieux. Son principal avocat, Brian McMonagle, a indiqué que la défense avait demandé à citer deux témoins seulement. Le magistrat a décidé d'en écarter un des deux, Marguerite Jackson. Il n'a accepté que le témoignage de Richard Schaeffer, l'un des policiers qui a recueilli la déposition d'Andrea Constand. Schaeffer s'est présenté et n'a été interrogé qu'une poignée de minutes : six, selon le Washington Post.


Le policier a simplement indiqué l'existence d'un rapport de police et qu'il avait dirigé les investigations après les accusations d'Andrea Constand. Un témoignage express qui ouvre la voie aux plaidoiries.  La victime présumée de Cosby est entrée dans la salle et s'est assise aux côtés de sa mère, dans le public, pour écouter les arguments des deux camps. 

La défense tente de prouver la bonne foi de Bill Cosby

Durant sa plaidoirie d'une durée d'environ 90 minutes, Brian McMonagle, l'avocat de l'acteur, a tenté de démontrer qu'Andrea Constand avait bien eu une relation affective avec Bill Cosby et qu'elle avait cherché à en dissimuler le caractère consenti aux enquêteurs. Pour cela, il est d'abord revenu sur les revirements de l'accusatrice, qui a donné plusieurs dates pour le jour des faits et évoqué des circonstances différentes d'une audition à l'autre.


Il a rappelé aussi qu'elle avait demandé à rayer des mentions du procès-verbal à l'issue d'un entretien avec les policiers, début 2005. "Pourquoi avoir barré" ces passages, a interrogé le conseil de Bill Cosby. "Elle ne veut pas que ces policiers sachent qu'ils ont une relation" consentie. "Pourquoi essayez-vous d'appeler ça autrement que ce que c'est ?" a-t-il martelé. "C'est bon. Dites-le simplement". Il a défendu la bonne foi de son client, soulignant le fait qu'il avait accepté d'être longuement entendu par les enquêteurs en 2005, alors qu'il aurait pu choisir de ne rien dire.

"Ne la laissez pas se déclarer victime"

Puis ce fut au tour de la presse de prendre une charge. "Nous sommes ici à cause d'eux!" s'est-il exclamé en pointant du doigt les bancs occupés par les journalistes, dénonçant le "battage médiatique" autour des accusations visant son client. Outre Andrea Constand, le comédien a également été mis en cause par plus de soixante femmes qui assurent avoir été victimes d'agression sexuelle ou de viol.


L'avocat a également laissé entendre que la plaignante avait cherché à faire de l'agression supposée un moyen de tirer avantage de Bill Cosby. "Elle est au téléphone avec des avocats avant même d'en avoir parlé à sa mère", a-t-il fustigé, sa voix montant régulièrement dans les aigus. "Ne la laissez pas se déclarer victime", a-t-il exhorté. Le jury devrait se retirer pour délibérer dans la soirée. Bill Cosby risque jusqu'à trente ans d'emprisonnement, chacun des trois chefs d'accusation à son encontre étant passible de dix ans de prison.

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