Procès Bill Cosby : "J'avais peur, très peur", témoigne Kelly Johnson, l'une des victimes présumées

Procès Bill Cosby : "J'avais peur, très peur", témoigne Kelly Johnson, l'une des victimes présumées

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JUSTICE - Le procès de l'ancienne gloire de la télévision américaine s'est ouvert ce lundi, à Norristown en Pennsylvanie aux Etats-Unis. L'acteur faisait face à l'une de ses victimes présumées : Kelly Johnson.

Ses victimes présumées attendaient depuis des années. Bill Cosby, star de la télévision américaine comparaissait ce lundi devant un tribunal de Pennsylvanie où il doit répondre des accusations d'agressions sexuelles de plusieurs femmes. Le procès doit durer deux semaines mais dès son ouverture, l'émotion était palpable. Prise par l'émotion à l'évocation de son expérience, Kelly Johnson a raconté comment en 1996, selon elle, l'acteur avait insisté pour qu'elle absorbe une pilule et du vin, avant de se livrer à des attouchements, dans le bungalow d'un hôtel californien, rapporte l'AFP.

Le témoignage de Kelly Johnson

Assistante de l'agent de Bill Cosby à l'époque, Kelly Johnson a expliqué avoir été "extrêmement intimidée", n'osant pas quitter les lieux. Après l'incident, l'acteur aurait obtenu son licenciement pour faute professionnelle, selon elle. Elle a décrit un Bill Cosby manipulateur, jouant de sa notoriété pour prendre sa victime au piège. "J'avais un secret concernant la plus grande célébrité au monde, à l'époque, a-t-elle confié. J'avais peur, très peur". Le principal avocat de Bill Cosby, Brian McMonagle, a cherché à discréditer ce premier témoignage, accusant Kelly Johnson d'avoir fait évoluer sa version des faits.


Il a cité abondamment des déclarations datant de 1996 et faites dans le cadre d'une procédure contre son employeur, qui contredisent des éléments du récit fait en 2015, lors d'une conférence de presse. D'après l'avocat, elle y donne notamment une autre date pour l'incident du bungalow (1990), très éloignée de celle donnée en 2015 (1996). Kelly Johnson a expliqué ne pas se souvenir des déclarations qu'elle avait faites à l'époque.

Bill Cosby avait tourné sa chaise pour faire face au jury et non au juge

 Admise comme témoin, ses accusations ne font pas l'objet de poursuites mais son histoire rappelle de manière troublante, les accusations d'Andrea Constand dont le témoignage, central dans ce procès, est attendu dans les jours à venir. "La confiance, la trahison, et l'incapacité de donner son consentement, voilà en quoi consiste ce dossier", a expliqué l'adjointe du procureur du comté de Montgomery, Kristen Feden, au sujet d'Andrea Constand


"Aujourd'hui, avec votre aide, j'ai l'occasion de réparer une injustice", a dit, pour sa part, au jury, l'avocat de Cosby, Brian McMonagle. Pour lui, "une accusation infondée" est pire qu'une agression sexuelle. Plutôt qu'une célébrité, "j'espère que vous verrez seulement un citoyen présumé innocent", a-t-il exhorté. Très attentif aux débats, Bill Cosby avait tourné sa chaise pour faire face au jury et non au juge. Lors de la seule interview qu'il ait donnée depuis son inculpation, Bill Cosby a assuré qu'il ne témoignerait pas lors du procès, même si une prise de parole de l'acteur n'est "pas complètement écartée", selon un porte-parole.

Si à l'issue de ce procès, prévu pour durer deux semaines, le jury déclare Bill Cosby coupable d'un ou plusieurs des trois chefs d'accusation, l'acteur pourrait être condamné à passer, au minimum, dix ans derrière les barreaux. Une peine qui contraindrait probablement l'homme à finir ses jours derrière les barreaux, vu son âge (79 ans). Mais même en cas de relaxe, les accusations devraient le poursuivre jusqu'à la fin de sa vie, d'autres procédures étant encore en cours au civil.

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