Agression de Boris Faure : pourquoi le député El Guerrab, poursuivi pour violences, arrive à la commission de la Défense

RÉTROGRADATION - Mis en examen pour des violences à l'encontre du responsable socialiste Boris Faure, le député REM M'jid El Guerrab a pourtant été nommé à la commission de la Défense, selon le Journal officiel de vendredi. Il siégeait jusqu'ici à la commission des Finances. Mais il ne s'agit pas d'une promotion...

La publication au Journal officiel peut surprendre. Alors qu'il est mis en examen pour "violences volontaires avec armes" après avoir frappé à la tête à coups de casque le responsable socialiste Boris Faure, voici le député M'jid El Guerrab nommé à la commission de la Défense nationale et des forces armées. Celle-ci sera notamment chargée, à partir du 12 septembre, d'examiner la loi de sécurité intérieure. 


La nomination du député REM de la 9e circonscription des Français de l'étranger n'est pas passée inaperçue, notamment sur les réseaux sociaux. Et ce d'autant plus que, le même jour, Boris Faure, qui a fait l'objet d'une ITT provisoire de 30 jours, était réadmis à l'hôpital en raison de complications liées aux coups portés lors de l'altercation. 

Transfert automatique

Mais qu'on se le dise, il ne s'agit pas d'une promotion. En quittant le groupe parlementaire de La République en marche, M'jid El Guerrab cessait en effet automatiquement d'être membre de la commission permanente des Finances, comme le prévoit l'article 38 du règlement de l'Assemblée nationale :

Or, selon le même règlement, un député doit nécessairement être membre d'une commission permanente, y compris s'il n'appartient plus à aucun groupe. Il fallait donc bien trouver une place à M'jid El Guerrab, même si certains de ses collègues voudraient le voir quitter tout bonnement l'Assemblée nationale. Il rejoindra donc les 68 membres de la commission de la Défense. Ce qui, selon certains connaisseurs du Palais Bourbon, constitue une "rétrogradation". 

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Benjamin Griveaux : "M'jid El Guerrab s'est exclu du groupe par son propre comportement"

C'est exactement ce qu'il s'était passé, en octobre 2014, pour Thomas Thévenoud, le député en délicatesse avec le fisc en raison de sa "phobie administrative". Ayant quitté le groupe majoritaire socialiste, il avait dû également abandonner la commission des Finances, pour rejoindre la Commission du développement durable. Ce qui n'était pas, là non plus, du goût de tout le monde, puisque sa venue au sein de cette commission avait suscité à l'époque un coup de colère du député ex-PS Olivier Falorni. Ce dernier avait quitté la salle en le voyant.

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