Attentats de Paris : à l'Assemblée, la désunion nationale éclate au grand jour

Attentats de Paris : à l'Assemblée, la désunion nationale éclate au grand jour

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ASSEMBLÉE NATIONALE - Lors des questions au gouvernement, mardi, le Premier ministre Manuel Valls et le député LR Laurent Wauquiez se sont violemment affrontés sur les mesures prises pour contrer les terroristes. Une tension qui achève définitivement les appels répétés à l'union nationale.

Manuel Valls hué par une partie de l'opposition. La scène s'est déroulée mardi après-midi à l'Assemblée nationale, lors des questions au gouvernement. Elle sera totalement anodine si la France n'avait connu, trois jours plus tôt, le pire attentat de son histoire. La veille seulement, François Hollande en appelait à l'union sacrée devant le Congrès solennellement réuni à Versailles.

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Dans une ambiance particulièrement tendue, le député de Haute-Loire Laurent Wauquiez s'en est pris frontalement à la politique sécuritaire du gouvernement. "Il n'y a plus de place pour les demi-mesures", a-t-il lancé. "Ce que personne ne comprend, c'est pourquoi les terroristes en puissance […] étaient lâchés dans la nature", a ajouté le député LR, énumérant les attentats commis en France, de Mohammed Merah aux frères Abdeslam en passant par les frères Kouachi.

Retour à l'envoyeur

Riposte immédiate de Manuel Valls, qui appelait pourtant à l'union sacrée. "Je pourrais vous parler de ceux qui ont pris la responsabilité de dissoudre les renseignements généraux, des 13.000 suppressions de postes de policiers et de gendarmes qui ont affaibli l'appareil sécuritaire", a-t-il lancé, visant explicitement Nicolas Sarkozy.

La violence des échanges, quelques heures après les appels multiples à l'unité contre le terrorisme, a été relevée par les observateurs.

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Elle a également été constatée par les parlementaires eux-mêmes, comme ici l'ex-ministre LR Eric Woerth.


Un "piètre spectacle", relevaient certains sur les réseaux sociaux, visant particulièrement l'attitude de l'opposition. La stratégie de cette dernière peut en effet étonner : la droite s'insurge contre l'inaction du gouvernement, alors que François Hollande a promis, lundi, d'examiner, voire d'adopter, la quasi-totalité des propositions faites, des Républicains aux centristes. Preuve de cette ambiguité : derrière les huées, certains députés de droite avaient choisi d'applaudir ostensiblement le Premier ministre. 

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