Dissimuler la kippa face au risque terroriste ? Les politiques s'insurgent

Dissimuler la kippa face au risque terroriste ? Les politiques s'insurgent

LIBERTÉ DE CULTE - Après la tentative d'assassinat d'un enseignant juif de Marseille, le président du consistoire de cette ville a créé la polémique en recommandant à la communauté juive de dissimuler la kippa en raison du risque terroriste. La classe politique réagit mercredi en récusant cet appel, au nom de la laïcité.

"Touche pas à ma kippa." L'appel solennel lancé mardi soir par Joël Mergui, le président du consistoire central israélite, a trouvé un écho favorable au sein de la classe politique. Celle-ci se montrait unanime, ce mercredi, pour récuser l'idée que la communauté juive ait à dissimuler le port de la kippa pour se préserver du risque terroriste.

Une polémique ouverte par Zvi Ammar, président du consistoire israélite de Marseille, après la tentative d'assassinat dont a été victime lundi un enseignant juif de cette ville . Compte tenu du contexte, ce responsable avait suggéré aux juifs de "dissimuler leur kippa" en attendant "des jours meilleurs".

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"Un terrible constat"

S'il "comprend" le sens du message adressé par Zvi Ammar, Brice Hortefeux, député européen proche de Nicolas Sarkozy, a ainsi estimé sur RTL que "chacun a le droit d'exprimer sa position", et que "renoncer, c'est céder". Position similaire chez le souverainiste Nicolas Dupont-Aignan (DLF), qui y voyait mercredi un "danger de soumission aux terroristes" et estimait que le gouvernement était trop lent à réagir pour couper court à la polémique. Sollicité par metronews, le député parisien Claude Goasguen (LR) a aussi jugé que la dissimulation n'était "pas une bonne idée". "Il ne faut absolument pas céder. On est en train de glisser vers une attaque des religions qui est inquiétante". Et de suggérer un événement ou une "manifestation" où tout le monde porterait la kippa en signe de solidarité.

"C'est un terrible constat", a également assuré sur France Inter le député LR du Nord Gérald Darmanin, exhortant les juifs de France à "ne pas retirer ces kippas". Un constat également désabusé chez le centriste François Bayrou : 

Au gouvernement, la réaction à cette polémique s'est faite en plusieurs temps. Christiane Taubira, la ministre de la Justice, avait jugé dès mardi que la communauté juive devait pouvoir continuer à porter la kippa. Mercredi, le porte-parole du gouvernement, Stéphane Le Foll, refusait pourtant de "s'immiscer dans le débat", expliquant que "le gouvernement n'a pas de position, il a une responsabilité, protéger". "C'est un message qu'il ne faut pas envoyer", a estimé de son côté la ministre de l'Education, Najat Vallaud-Belkacem.

Finalement, c'est le ministre de l'Intérieur, Bernard Cazeneuve, qui a donné la position de l'exécutif en appelant "chacun à ne pas entretenir de vaines polémiques et à se rassembler autour des valeurs de la République". De "vaines" polémiques qui ne semblaient pas près de s'interrompre mercredi.

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