Emmanuel Macron assume : "Je suis un libéral"

Emmanuel Macron assume : "Je suis un libéral"

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IL S'EXPLIQUE - Dans une interview accordée au Parisien Magazine, le ministre de l’Economie Emmanuel Macron explique comment la France doit prendre le chemin de la révolution numérique. Mais pour ça, certains blocages doivent être levés.

Il a dit le mot. Oui, il est "libéral". Il assume. Dans une interview donnée au Parisien Magazine, qui sort en kiosque vendredi 12 novembre, le ministre de l’Economie Emmanuel Macron donne sa vision de la révolution numérique, qu’il souhaite porter et accompagner via un projet de loi sur les "nouvelles opportunités économiques" qu’il présentera en janvier. 

"J'assume"

Et pour que les entreprises françaises s’adaptent toujours mieux à la concurrence, l’homme politique n’a pas peur de s’attaquer à des totems de la gauche, comme les modèles du salariat et du CDI. "Ma gauche est une gauche qui donne des droits par la liberté. Ce n’est pas une gauche qui se ferme et se recroqueville. J’assume d’être libéral", dit-il notamment au magazine , rappelant que, "historiquement, le libéralisme est une valeur de gauche, de défense de l’égalité des droits." 

Invité à parler de la révolution numérique, le ministre évoque le retard de la France en la matière, et la nécessité de s’adapter à l’heure où des sociétés comme Blablacar, Airbnb ou Uber viennent tout chambouler. "L’Etat doit établir un cadre pour faire émerger les champions de demain et créer les emplois ici, en France", indique Emmanuel Macron. Ce qui signifie pour lui "ouvrir les secteurs et faciliter l’innovation technologique en termes de délais, d’autorisations de mise sur le marché, d’expérimentations, tout en établissant les règles d’une juste concurrence entre nouveaux et anciens acteurs".

"Plus de souplesse"

Le ministre insiste : "L’Etat doit continuer à donner plus de souplesse au marché du travail", mais le faire "en protégeant les personnes plutôt que les emplois". Et pour ça, l’Etat "doit enfin veiller à la protection des données et des libertés individuelles". Mais plus que tout, pour lui, la France doit cesser d’avoir peur du numérique et du changement que cela implique : "Eriger des murs pour se protéger revient à ralentir notre capacité d’innovation et à laisser d’autres acteurs capter les nouvelles activités", explique-t-il.

Il le reconnaît : un tel changement se fera dans la douleur. "Regardons la vérité en face : certains secteurs vont être chamboulés", reconnaît Emmanuel Macron. Il cite notamment l’exemple d’une usine de la Somme où les soudeurs ont été remplacés par des machines. Mais les employés ont été formés pour programmer les robots et superviser leur travail. Car voilà sa recette : "Il faut ainsi donner plus d’autonomie aux individus pour qu’ils soient mobiles et capables de s’adapter aux ruptures que chacun connaît désormais au cours d’une carrière : passer d’un CDI à un CDD, devenir entrepreneur, changer de métier... "

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