Emploi - François Hollande abat ses dernières cartes : flexibilité et formation

Emploi - François Hollande abat ses dernières cartes : flexibilité et formation

EMPLOI – François Hollande a présenté lundi ce qui apparaît comme l'ultime plan en faveur de l'emploi à travers des mesures ciblant notamment l’apprentissage et les petites et moyennes entreprises. Le coût de ces nouvelles mesures devrait atteindre 2 milliards d'euros qui seront intégralement couverts par des économies.

Un dernier plan d'urgence pour l'emploi. Devant les acteurs de l’entreprise et de l'emploi, le président François Hollande a formulé des vœux à grand renfort d’annonces pour tenter d'inverser, d'ici 2017, la courbe du chômage. En introduction, le président de la République a estimé, à l'instar de la sécurité, qu'il fallait proclamer l'état d'urgence économique et social en France. Un état d'urgence qui engage le gouvernement "mais aussi les acteurs économiques et les partenaires sociaux", a-t-il souligné, renvoyant chaque partie à ses responsabilités. A ce titre, et avant de décliner les mesures en faveur de l'emploi, le chef de l'Etat a prévenu qu'un bilan du pacte de responsabilité serait engagé avant que celui-ci soit pérennisé, sans doute sous la forme d'une baisse de charges définitive pour les entreprises.

Prime à l'embauche

L'ensemble des entreprises de moins de 250 salariés recevra une prime de 2000 euros pour l'embauche d'un jeune dont le salaire est compris entre une fois et 1,3 fois le smic. Ce dispositif mis en place pour une durée de deux ans est "effectif dès aujourd’hui", a annoncé le président de la République.

Fluidité de l'emploi
Répondant à une forte demande des entreprises, François Hollande a annoncé une mesure de transparence concernant la rupture du contrat de travail. Ainsi, les indemnités de licenciement seront plafonnées en fonction de l'ancienneté du salarié, a-t-il indiqué, reprenant une disposition de la loi Macron censurée par le Conseil constitutionnel en août dernier en raison de l'introduction dans la mesure du critère de la taille de l'entreprise, jugé non conforme au "principe d'égalité devant la loi". Une réforme du code du Travail va également être engagée afin de déterminer un socle de grands principes autour duquel s'articuleront des règles issues des négociations collectives. Celles-ci concerneront notamment la modulation du temps de travail, les heures supplémentaires... Sans remettre en cause la durée légale du travail, celui-ci devra pouvoir s'adapter aux fluctuations de l'activité économique.

Sécurisation des parcours
C'est le deuxième pilier d'un "nouveau modèle social" prôné par François Hollande. Le compte personnel d'activité mis en place pour chaque travailleur sera inscrit dans la réforme du code du Travail. Il comportera à la fois les droits à la formation du travailleur, les congés spécifiques, l’épargne salariale ou encore la validation d'acquis.

Revoir la formation
Comme annoncé le 31 décembre, 500.000 chômeurs bénéficieront de mesures de formation visant les emplois non pourvus. Un effort multiplié par deux par rapport à 2015 et qui mobilisera un milliard d'euros de la part de l'Etat. Parallèlement, "Pôle emploi déploiera de nouvelles formations. Les partenaires sociaux définiront les formations branche par branche et région par région pour les adapter aux besoins des entreprises", a expliqué le président. L'Education nationale créera également des formations nouvelles en alternance. "1000 postes seront créés" dans ce but, a annoncé François Hollande. Le nombre de contrats de professionnalisation devrait également être largement augmenté. Le président de la République a ainsi avancé l'objectif de 50.000 bénéficiaires avant 2017, contre 8.000 aujourd’hui.

Soutenir l'entrepreneuriat
Enfin, François Hollande a souligné l'importance de développer le travail indépendant et la création d’entreprise en libérant le carcan administratif qui les entoure. Un nouveau régime pour les artisans devrait notamment être créé. Autant de mesures dont le coût atteint les 2 milliards d'euros, a précisé le chef de l'Etat, qui seront intégralement financées par des économies. Aucun prélèvement supplémentaire ne sera créé, a insisté François Hollande.

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