Et si Penelope Fillon n'était pas au courant ? Royal relance l'hypothèse après la séquence d'"Envoyé Spécial" qui a semé le trouble

L'affaire Penelope Fillon

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DOUTES - C'est devenu une question légitime. Et si Penelope Fillon ne savait rien de son prétendu emploi d'assistante parlementaire ? Une hypothèse renforcée par son interview diffusée jeudi soir dans "Envoyé Spécial", et émise ce dimanche par Ségolène Royal : la ministre juge que l'épouse de François Fillon a été "victime d'un dispositif qu'elle ignorait manifestement".

Elle n’en finit plus de faire parler d’elle. Penelope Fillon, depuis les révélations du Canard Enchaîné à propos de son emploi fictif présumé, est au cœur de toutes les controverses, toutes les discussions, toutes les théories. Pourtant, alors que l’enquête du parquet national financier est toujours en cours, beaucoup perçoivent, en simples observateurs du scandale, l’ascension de vents contraires. De principale suspecte d’une affaire de détournements de fonds publics, Penelope Fillon pourrait bien être en train d’obtenir le statut de victime collatérale. 


Ségolène Royal, pour sa part, le lui accorde déjà. Interrogée dimanche sur France 3 sur l'hypothèse de la "misogynie" dont serait victime l'épouse de François Fillon, la ministre en a développé une autre : 

Je pense que c'est une femme très digne, une mère de famille très respectable, qui manifestement est plus victime d'un dispositif qu'elle ignorait manifestement. Cela, l'enquête le montrera.Ségolène Royal

Et la séquence diffusée par Envoyé Spécial, jeudi soir, y est pour quelque chose. Reprenant un extrait d’une interview accordée au Sunday Telegraph en 2007, l'émission d'Elise Lucet a exhumé les confessions désastreuses de Penelope Fillon, dans lesquelles elle affirme, entre autres, "ne jamais avoir été l'assistante" de son mari "ou quoi que ce soit de ce genre" et ajoute "sans les enfants, surtout le dernier, j'aurais sans doute cherché un travail". Or, c'est précisément un travail d'assistante parlementaire qui lui a valu d'empocher, selon Le Canard Enchaîné, un salaire total de 900.000 euros. Des propos qui datent, mais qui pour les téléspectateurs veulent surtout dire une chose : "Penelope Fillon n'était pas au courant".

Et si elle ne mentait pas ? Et si Madame Fillon n'était pas au courant de ce contrat ?Cécile Duflot, sur Twitter

Avant même la diffusion de l'interview, sur la base d'un teasing twitté par Elise Lucet, Cécile Duflot, députée écolo de Paris, pose la première la question : "Et si elle ne mentait pas ? Et si Madame Fillon n'était pas au courant de ce contrat ? (Il y a quelque chose qui cloche dans cette histoire)".

La question peut paraître incongrue, et pourtant. Elle est reprise à foison pendant et après l'émission, par des téléspectateurs intéressés et des journalistes. 

Des interrogations dont témoigne également un glissement sémantique aussi subtil que révélateur. Etiquetté "#PenelopeGate" dès les premières heures qui ont suivi les révélations du Canard Enchaîné, le scandale devient progressivement, dans la presse, "l'affaire Fillon". Plus sobre, moins sexiste, car elle ne met plus en avant le simple prénom de Madame Fillon,  cette terminologie n'est-elle pas aussi le marqueur d'un changement de cible ? 

Cécile Duflot, cette fois après visionnage de l'émission, semble confortée dans son avis. Et déclare à présent que Penelope Fillon "devrait être soutenue et protégée", étant donné "la violence personnelle incroyable de ce qu'elle est susceptible de vivre en ce moment". Reste que subsistent encore de très nombreuses zones d'ombre. Parmi elles, le fameux contrat de travail de l'épouse du candidat, retrouvé par L'Obs et Le Parisien, vraisemblablement signé de la main de Penelope Fillon. 

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