Un ordi à l'Elysée, des cours d'Internet à Matignon, des startups à faire grandir... François Fillon se confie à LCI

Fillon candidat de la droite pour 2017

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EXCLUSIF – A l'occasion du salon CES des nouvelles technologies de Las Vegas, François Fillon s'est confié dans l'émission Plein Ecran sur le dynamisme des startups françaises, la révolution numérique qui se dresse à l'horizon et son goût pour les nouvelles technologies. Au point d'avoir joué un jour les professeurs d'internet à Matignon et de promettre la révolution à l'Elysée.

Déjà venu en 1999 comme président de la région des Pays de la Loire, c'est en tant que candidat à la présidence de la République que François Fillon passe quelques jours à Las Vegas, dans les allées du plus grand salon de l'électronique grand public et à la rencontre des startups françaises. Grand amateur de technologie, l'ancien Premier Ministre a accepté de faire le point avec LCI sur l'innovation à la française, mais aussi sur son projet économique pour l'entreprenariat hexagonale.

LCI : Bien avant d'autres politiques, vous avez déjà mis les pieds au CES en 1999. Pourquoi ?

François Fillon : A l'époque, j'avais décidé d'accompagner des entreprises de Nantes, Angers et Le Mans, car je pensais déjà que c'était un atout fantastique pour notre région d'investir dans ces nouvelles technologies. C'était dans la suite de mon travail au Telecoms (ministère qu'il a occupé entre 1995 et 1997) et c'était une façon pour moi, à titre personnel, de venir regarder des innovations technologiques.

LCI : Qu'est-ce qui vous a marqué lors de cette première journée de visite ?

François Fillon : Il y a beaucoup de technologies qui arrivent à maturité. J'ai été très frappé par le bond fait en trois ans par le véhicule autonome. On en parle depuis des années et, tout à coup, on entre dans la réalisation. Je ne suis pas fanatique de monter dans une voiture automatique, surtout quand on a le plaisir du pilotage comme moi. Mais il faut reconnaître les bénéfices en termes de sécurité routière, les gains en matière de protection de l'environnement. Et cela ne concerne pas que le transport terrestre, l'aérien aussi. C'est sur du plus long terme mais ça peut transformer les relations entre les régions, créer d'autres hubs de connexion. Il faut être au cœur de ces révolutions.

LCI : Et du côté des start-ups françaises, des choses à rapporter dans vos bagages ?

François Fillon : Tout ce que j'ai vu autour de la e-santé. On sent tout de suite l'application en termes de progrès pour la société. On va pouvoir détecter des problèmes en amont et faire de la prévention. En matière d'organisation des soins aussi. Le contrôle des performances sportives aussi est intéressant avec même des chaussures connectées. J'en ai rapporté une paire. Et il y a les drones aussi qui vont désormais détecter des obstacles.

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CES 2017 : Fillon se pose en candidat des nouvelles technologies

Professeur d'internet pour Alain Juppé en 1995

LCI : Vous êtes un amateur de technologie, mais ce n'est pas le cas de tous les politiques. Est-ce que c'est difficile de leur faire comprendre l'importance du sujet et ses enjeux ?

François Fillon : Ça reste difficile. Tout le monde voit bien que la révolution numérique est incontournable. La plupart des hommes politiques maîtrisent à peu près les nouveaux outils comme les tablettes ou les smartphones. La maîtrise de l'ordinateur, c'est déjà plus rare. La plupart n'ont aucune idée de la façon dont ça fonctionne. Quand on a des débats sur des sujets comme la protection des données, la régulation de l'Internet, savoir comment appliquer des lois fondamentales pour notre pays, on se heurte à la réalité des choses. Et parfois, on a des textes législatifs inapplicables, qui n'ont pas de sens pour cette raison-là. Expliquer à un homme français qu'on ne peut pas se contenter d'interdire un site à l'échelle nationale car le système va se reconfigurer de manière différente, c'est très difficile… mais ça progresse.

LCI : Vous passiez même un peu pour le "geek" de service…

François Fillon : En 1995, j'avais présenté les enjeux de la Société de l'Information à un gouvernement où deux ministres seulement maîtrisaient un tout petit peu les nouvelles technologies. J'avais même proposé de faire le coach pour ceux qui souhaitaient que je leur montre comment fonctionnait Internet. Je me souviens être allé dans le bureau du Premier ministre Alain Juppé avec un IBM ThinkPad pour lui montrer comment accéder à Internet. Avant 1995, la France était l'un des pays les plus en retard dans le domaine de l'Internet. A l'époque, le président de France Telecom m'avait dit au sujet d'Internet : "Monsieur le Ministre, ne perdez pas votre temps avec ça. C'est une mode. Dans six mois, on n'en parlera plus".

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François Fillon sur les ordinateurs : "La plupart (des politiques) ne sait pas comment cela fonctionne"

Prendre cette révolution technologique en charge maintenant, la comprendre et l'expliquer.François Fillon

LCI : La révolution technologique a des effets économiques et sociétaux importants sur l'industrie. Doit-on y voir un risque pour le plein emploi ?

François Fillon : Avec les technologies, on produit des richesses, c'est une règle de base. Donc a priori, on doit pouvoir recréer de l'emploi dans d'autres domaines, dans d'autres secteurs. Tout cela, il faut le prévoir et essayer de l'accompagner, ne pas le subir. Je ne vois pas pourquoi les nouvelles technologies nous priveraient du plein emploi. Elles vont déplacer les secteurs d'activité. En créant des richesses, vous créez de l'emploi, de nouveaux services, des besoins et des nouveaux marchés. Il faut prendre cette révolution en charge maintenant. La comprendre et l'expliquer. Faire en sorte que les Français n'aient pas de réaction de méfiance et d'hostilité.

LCI : Vous avez quel regard sur les start-ups françaises qui sont très représentées au CES ?

François Fillon : C'est très bien d'avoir des start-ups. Nous avons des briques qui permettent cette explosion, mais elles ont du mal à grossir et, trop souvent, elles s'en vont. Nous avons besoin de grandes entreprises qui créent des emplois, guident le marché, imposent les standards. Il faut les aider à grandir. Toute l'économie française doit être rénovée si on ne veut pas avoir que des start-ups, mais aussi des entreprises qui vont franchir des étapes. Pour cela, il faut de l'argent pour investir et donc moins d'impôts.

LCI : Si vous êtes président, y aura-t-il enfin un ordinateur sur le bureau de l'Elysée ?

François Fillon : J'en ai toujours eu un. Je ne vais pas abandonner mon ordinateur, c'est un Mac d'ailleurs. J'ai été PC pendant très longtemps et puis un jour, j'ai pété les plombs après un crash. Depuis, je ne peux plus me passer de mon Mac même si je trouve que les évolutions aujourd'hui ne sont plus aussi spectaculaires que par le passé. Bien sûr qu'il y aura un ordinateur sur le bureau du président de la République. Ça, c'est sûr !

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