Gattaz menace le syndicat des cadres : le Medef , premier fan de la loi Travail

Gattaz menace le syndicat des cadres : le Medef , premier fan de la loi Travail

LOI TRAVAIL - Le projet du gouvernement semble tenir à coeur au Medef. Le patron des patrons, Pierre Gattaz a mis la pression par SMS à la présidente de la CFE-CGC, le syndicat des cadres, dont il déplore l'attitude "cgtiste", ce samedi.

Le Medef met la pression à la CFE-CGC. Le dirigeant de l'organisation patronale, Pierre Gattaz, a envoyé des SMS pour le moins menaçants, à la présidente de la confédération des cadres, Carole Couvert, rapporte ce samedi le site des Echos.  

Pierre Gattaz estime dans un premier message que "l'attitude de la CGC est incompréhensible et nuisible (…)" Et menace, ensuite : "Si vous persistez dans cette attitude "cgtiste" sur cette loi, le Medef en tirera toutes les conséquences sur nos discussions en cours". Comme si le message n'était pas assez clair, il rajoute, dans un deuxième texto: "Ce que je veux dire, c'est que nous vous soutiendrons plus dans votre combat pour les cadres si vous plantez la loi MEK (Myriam El Khomri, ndlr)".

Sachant les transformations que le statut de cadre pourrait endurer si l'adoption de la loi était entérinée, les deux messages ont des allures d'ultimatum. Il faut dire que Pierre Gattaz et plus globalement le patronat n'hésitent pas à se mouiller pour défendre la réforme du code du travail portée par le gouvernement depuis plusieurs mois.

Premier acte, en septembre dernier
François Hollande annonce sa volonté d'adapter le code du travail "aux besoins des entreprises", en s'appuyant sur le rapport Combrexelle. Un document qui préconise de diminuer la place de la loi dans l'entreprise. Une annonce qui séduisait François Asselin, patron de la CGPME, vouée à la défense des petites et moyennes entreprises : "L'objectif est d'organiser la vie de l'entreprise en fonction de son environnement et de sortir des rigidités qu'impose le Code du travail : les temps de pause à midi, pour se déshabiller, s'habiller... Il faut nous laisser faire à notre sauce", expliquait-il à metronews .

Acte 2, le 18 février
Le patron des patrons, Pierre Gattaz, salue le projet de loi El Khomri, qui "va dans le bon sens". Il en profite alors pour appeler le gouvernement à "aller jusqu'au bout" pour "déverrouiller" le marché du travail. Et pour cause, de nombreux points de la réforme semblent être directement inspirés des demandes du Medef. Par exemple, relevait Le Monde , donner la priorité aux négociations au sein de chaque entreprise trouve un curieux écho dans un recueil de propositions de Pierre Gattaz, qui n'avait pas de mots assez doux pour le dialogue social afin de "limiter la dérive législative en privilégiant le niveau de l’entreprise". Autre exemple, l'assouplissement des règles du licenciement économique était déjà évoquée par le Medef, en 2012.

Acte 3, fin février
Alors que la mobilisation contre la loi El Khomri bat son plein, avec notamment le succès d'une pétition en ligne, qui a aujourd'hui plus d"un million de signatures, le Medef organise une contre-offensive, pour soutenir la réforme. L'organisation patronale demande à ses sections locales d'écrire aux parlementaires de leur circonscription pour mettre en avant les avantages de la réforme du travail du gouvernement. Un intense lobbying pour tenter d'inverser la tendance. Autre acte de mobilisation, la signature d'une contre-pétition , lancée par Dominique Reynié (Les Républicains), et publiquement soutenue par Pierre Gattaz.

EN SAVOIR + >> Contre la réforme du travail, la levée de boucliers des internautes

Acte 4, mardi 8 mars
Suite à un entretien avec Manuel Valls, Emmanuel Macron et Myriam El Khomri, Pierre Gattaz mettait en garde le gouvernement contre toute modification du texte. Il appelle à ne pas "dénaturer" le texte avec des "demi-mesures" estimant "qu'un retrait serait dramatique pour le pays, pour l'économie du pays et surtout pour le chômage". Le patron des patrons avait alors de quoi s'alarmer, le gouvernement ayant annoncé qu'il n'était pas opposé une évolution du texte. Qu'il se rassure : on était encore loin de voir l'exécutif suivre les recommandations des syndicats, qui réclamaient soit son retrait, soit une profonde refonte.

On se demande ce que le patronat réserve pour la suite. Une contre-manifestation ?

EN SAVOIR +
>> Loi Travail : pourquoi la CFDT manifeste-t-elle à contretemps ?
>>  Myriam El Khomri, ministre désavouée par 63% des Français 
>> 
Tout comprendre à la réforme du Code du travail : quelles indemnités en cas de licenciement abusif ?
 

Les tags

Et aussi

Sur le même sujet

À suivre

Rubriques