Hollande reconnaît l'impact des essais nucléaires sur la Polynésie

Hollande reconnaît l'impact des essais nucléaires sur la Polynésie

(PRESQUE) MEA CULPA - En voyage en Polynésie, François Hollande a reconnu, lundi 22 février à Papeete, les dommages entraînés par les essais nucléaires à l'encontre de la Polynésie.

Ce sont des mots que nombreux Polynésiens attendaient depuis longtemps. Le chef de l'Etat a reconnu lundi 22 février à Papeete que les essais nucléaires menés en Polynésie française durant trente ans dans les atolls avaient eu "un impact" sur l'environnement et la santé. "Je reconnais que les essais nucléaires menés entre 1966 et 1996 en Polynésie française ont eu un impact environnemental, provoqué des conséquences sanitaires", a déclaré François Hollande, qui s'exprimait devant des élus polynésiens à l'occasion de sa visite dans l'archipel du Pacifique sud.

Cette reconnaissance était une revendication forte des associations de défense des victimes et des élus polynésiens. Il a également annoncé une révision du traitement des demandes d'indemnisation des victimes des essais. La loi Morin du 5 janvier 2010 a apporté des "avancées" mais seule "une vingtaine" de dossiers d'indemnisation – sur un millier – ont abouti, a précisé le président, qui a annoncé une prochaine modification de son décret d'application. Il s'est engagé à ce que l'Etat accompagne le développement du service d'oncologie au centre hospitalier de Tahiti.

"Dette nucléaire"

Les Polynésiens estiment que les essais sont la cause de nombreux cancers dans l'archipel. La "dette nucléaire" ou "milliard Chirac" (en francs, soit l'équivalent de 150 millions d'euros aujourd'hui), une dotation annuelle qui visait à compenser la perte d'activité économique engendrée par la cessation des essais en 1996, "sera sanctuarisée" et "son niveau sera dès 2017 rétabli à plus de 90 millions d'euros", a par ailleurs promis François Hollande, répondant une nouvelle fois à une demande pressante des élus locaux. Les conséquences environnementales des essais devront également être traitées" sur les atolls qui accueillaient les installations nucléaires. L'Etat achèvera notamment "le démantèlement des installations et la dépollution de l’atoll de Hao" et ceux de Moruroa et Fangataufa feront l'objet d'une "vigilance méticuleuse".  

Enfin, le chef de l'Etat a reconnu "solennellement" la contribution de la Polynésie à la force de dissuasion nucléaire française. "Cette contribution, celle que vous avez vous-même apportée à travers les essais nucléaires, je veux la reconnaître solennellement aujourd'hui, devant vous", a-t-il lancé sous les applaudissements. Sans la Polynésie française, "la France ne se serait pas dotée de l'arme nucléaire et donc de la force de dissuasion". La France a conduit 193 essais nucléaires de 1966 à 1996 sur les atolls de Mururoa et Fangataufa.

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