Jean-Marc Ayrault, le retour de "l'homme disponible"

Jean-Marc Ayrault, le retour de "l'homme disponible"

COME BACK - Démis de ses fonctions de Premier ministre le 1er avril 2014, Jean-Marc Ayrault revient au gouvernement, ce jeudi, en qualité de ministre des Affaires étrangères - en remplacement de Laurent Fabius. Le retour aux affaires d’un homme blessé.

"Hollande me manque." Ces mots étaient ceux de Jean-Marc Ayrault, prononcés face à la caméra de sa fille, dans un documentaire - Mon père ce Ayrault - diffusé en avril 2015. A ce moment-là, celui qui n’était plus Premier ministre depuis l’année précédente avait du mal à cacher son spleen. Une mini-traversée du désert qui s’est achevée ce jeudi, à l’annonce de son arrivée à la tête du ministère des Affaires étrangères, en remplacement de Laurent Fabius.

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La rumeur de sa nomination courait depuis plusieurs jours. Fin 2015, le nom de Jean-Marc Ayrault avait déjà circulé, mais cette fois pour prendre la présidence de l’Assemblée nationale que Claude Bartolone était censé quitter s'il remportait la bataille des régionales en Ile-de-France. Las, la défaite du député de Seine-Saint-Denis face à Valérie Pécresse a contraint celui qui était redevenu député de Loire-Atlantique à remiser ses plans.

"Rassemblement"

Jusqu’à ce jeudi, donc, où les portes du pouvoir se sont rouvertes devant lui. Et outre le fait que le quai d’Orsay semble être un point de chute à la hauteur des anciens de Matignon (Alain Juppé ou Laurent Fabius, justement, peuvent en témoigner), Jean-Marc Ayrault, 66 ans, va pouvoir combler le vide et de nouveau travailler de concert avec François Hollande. "J'ai une conception simple de la politique : faire de mon mieux pour servir la France", a déclaré à la presse le revenant Ayrault à son arrivée à la gare Montparnasse, jeudi soir. Expliquant avoir "répondu avec ferveur, avec passion" à la proposition du chef de l'Etat, l'ancien Premier ministre s'est présenté "en homme disponible, engagé et tout à (s)a mission".


Pour autant, même armé des meilleures intentions, ce retour au gouvernement s’annonce délicat pour l’ancien maire de Nantes. Ce n’est un secret pour personne, en 2014, Jean-Marc Ayrault avait dû affronter la fronde de trois de ses ministres : Benoît Hamon et surtout Arnaud Montebourg -  avec lequel il s’était violemment affronté sur le dossier Florange en 2012  - ainsi que Manuel Valls, devenu son successeur. Comment les deux hommes vont-ils cohabiter désormais ? Interrogé sur le sujet dès ce jeudi après-midi, l’actuel locataire de Matignon, louant "l’expérience" de son nouveau ministre des Affaires étrangères, a mis en avant la nécessité du "rassemblement". Un mot que l’on n’a sans doute pas fini d’entendre d’ici 2017.

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