Laurent Fabius coupe court à la polémique et renonce à présider la Cop21

Laurent Fabius coupe court à la polémique et renonce à présider la Cop21

RENONCEMENT – Pas de cumul pour Laurent Fabius l'ex patron du quai d'Orsay ne présidera pas la Cop21 en plus du Conseil constitutionnel. Il l'a dit à François Hollande dans une lettre, ce lundi, et l'a confirmé ce mardi matin au micro d'Europe 1.

La polémique enflait depuis que Laurent Fabius avait quitté le quai d'Orsay. Libéré du ministère des Affaires étrangères, le futur président du Conseil constitutionnel souhaitait conserver son titre de président de la COP21 – la grande conférence sur le climat dont il a géré avec succès la dernière édition en décembre à Paris –, jusqu'à la transmission de la présidence au Maroc en novembre.

"A partir du moment où la polémique existe..."

Un cumul des fonctions pas franchement du goût de certains membres du gouvernement tels que Ségolène Royal et Thierry Mandon. Face aux critiques de ses anciens collègues, l'ancien chef de la diplomatie française a écrit lundi à François Hollande pour lui signifier qu'il renonçait à son mandat, rapporte l'AFP, qui a obtenu copie du courrier.

"Vous m'avez fait l'honneur de me pressentir pour présider le Conseil constitutionnel et je vous en remercie vivement. A mon sens, il n'existe pas d'incompatibilité avec la présidence de la dernière phase de la COP21. Pour autant, compte tenu du début de polémique interne sur ce sujet, je juge préférable de vous remettre mon mandat de président de la COP", est-il écrit dans la lettre à l'intention du président de la République.

Invité d'Europe 1 mardi 16 février, Laurent Fabius n'a pas dit autre chose : "Je pensais que c'était compatible, mais je ne voulais pas de polémique, ni pour la Cop, ni pour le Conseil constitutionnel. J'avais pris des dispositions juridiques qui me donnaient raison, mais à partir du moment où la polémique existe, que ce soit fondé ou infondé, la question était tranchée." Et de clôre le débat, pas pressé d'y retourner : "Je m'en tiendrai là."

"Inimaginable" pour Mandon

La ministre de l'Environnement, Ségolène Royal, nommée la semaine dernière ministre "chargée des Relations internationales sur le climat", avait estimé vendredi qu'il fallait "clarifier les règles du jeu" concernant le cumul par Laurent Fabius des fonctions de président du Conseil constitutionnel et de président de la COP21 sur le climat. "Il faut clarifier les règles du jeu (...) pour que nos homologues à l'échelle planétaire puissent être au clair sur les procédures qui seront suivies", avait déclaré la ministre, estimant que les parlementaires, devant lesquels Laurent Fabius auditionnera en tant que futur président du Conseil constitutionnel, ainsi que l'actuel président du Conseil, Jean-Louis Debré, seraient à même de trancher cette question.

De son côté, Thierry Mandon, secrétaire d’Etat chargé de l'Enseignement supérieur et de la recherche, avait jugé lundi "inimaginable" que Laurent Fabius cumule ces deux fonctions. "La bonne gouvernance implique que les pouvoirs dans la République soient absolument incontestables. Le Conseil constitutionnel, c'est au-dessus de tous les pouvoirs, ça ne peut pas avoir des missions qui relèvent de l'exécutif", a-t-il précisé. Contactée par RTL mardi 16 février, Ségolène Royal a indiqué que le renoncement de Laurent Fabius était "une bonne chose".

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