Le FN se met au vert ce week-end : au menu, pétanque, 2017 et sortie de l'euro

Le FN se met au vert ce week-end : au menu, pétanque, 2017 et sortie de l'euro

AU BOULOT - Ce week-end, du 5 au 7 février, une soixantaine de cadres et de parlementaires du FN se réunissent à huis clos pour un séminaire de travail dans l'Essonne destiné à préparer la conquête du pouvoir. Avec des questions de fonds à trancher : comment rassurer les électeurs au second tour ? Faut-il sortir de l'euro ? Entre deux, ils pourront jouer au badminton, au foot ou aux fléchettes. S'ils en ont le temps.

Relaxation et prises de bec au programme du Front national ce week-end. Du 5 au 7 février, une soixantaine de cadres et de parlementaires du parti de Marine Le Pen ont rendez-vous dans l'Essonne pour un séminaire de travail dans un club en pleine verdure, loin des caméras. L'objectif est de lancer la réflexion sur la conquête du pouvoir en 2017.

Marine Le Pen en avait un peu dévoilé le menu début janvier . "Nous allons, disait-elle, réfléchir à la stratégie pour lutter contre les campagnes de peur lancées à notre égard, qui semblent être encore efficaces." Malgré deux séquences électorales réussies (les départementales et les régionales de 2015), le parti d'extrême droite a buté à chaque fois au second tour. Il a notamment marqué le pas chez les personnes âgées et les cadres supérieurs. De quoi poser quelques questions pour 2017. La patronne du FN l'a promis : tout pourra être déballé ce week-end. Voici donc ce qui attend les cadres frontistes.

À LIRE AUSSI
>>  Elections régionales : le FN rate encore la dernière marche

>> "Banlieues patriotes", un 7e collectif au FN pour prendre pied dans les cités

 Un cadre verdoyant pour faire du "team building"
Selon L'Opinion , le lieu tenu secret pour ce sommet frontiste est l'Etiolles Country Club, dans l'Essonne. Un site dédié aux séminaires qui permet, selon sa page présentation , de faire du "team building", c'est-à-dire construire l'esprit d'équipe à travers des activités sportives ou de loisirs. Ce qui pourrait être utile aux responsables de parti, très divisés entre la ligne souverainiste du numéro 2, Florian Philippot, et les tenants d'un tournant économique libéral, comme le numéro 3, Louis Aliot. Dans ce club, la journée de séminaire (75 euros par personne) comprend notamment les repas (avec vin et café), un "open bar soft", mais aussi l'accès aux activités de badminton, de pétanque, de ping-pong, de foot, de volley, de billard ou de fléchettes électroniques. Sans oublier le poker.

 Trouver un programme économique viable
Ce cadre propice à la cohésion ne sera pas de trop pour traiter de l'un des sujets qui divise : le programme économique du FN pour 2017. Face à la ligne souverainiste de Florian Philippot, qui prône la sortie "rapide" de l'euro et le patriotisme économique, s'exprimeront probablement ceux qui souhaitent un cap résolument libéral afin de rassurer les petits patrons et renouer avec la ligne défendue en son temps par Jean-Marie Le Pen. Sur ce sujet, Philippot reste intraitable : "On ne peut pas avoir de redressement économique sans monnaie nationale", a-t-il martelé sur i>Télé mercredi matin. Cela dit, pour capter les CSP+ qui manquent toujours à l'appel lors des rendez-vous électoraux, le FN veut réviser son logiciel économique. Lors du séminaire, explique le numéro 2 du FN, il sera aussi question "d'ubérisation de l'économie" et de "souffrance au travail".

 En finir pour de bon avec l'image de Jean-Marie Le Pen
Les cadres du FN vont également mettre sur la table des sujets qui concernent directement son image ou sa stratégie pour 2017. Changer le nom ? Certains responsables, comme Nicolas Bay il y a peu, le verraient d'un bon œil pour en finir avec l'image laissée par l'époque Jean-Marie Le Pen.

Changer aussi le 1er mai ? Certains responsables frontistes plaident pour simplifier cette traditionnelle manifestation en hommage à Jeanne d'Arc créée sur mesure par Jean-Marie Le Pen, qui n'avait pas hésité à s'inviter à la tribune l'an dernier. Et, pourquoi pas, annuler le défilé qui précède le discours, comme l'évoque L'Opinion .

On l'aura compris, l'heure n'est plus aux campagnes tonitruantes. Au vert, le FN compte bosser. Et Marine Le Pen l'a promis : on ne l'entendra plus (autant) dans les médias jusqu'au printemps. Le calme avant la tempête.

Et aussi

Sur le même sujet

À suivre

Rubriques