L'état d'urgence prolongé jusqu'au 26 mai

L'état d'urgence prolongé jusqu'au 26 mai

SECURITE - L'état d'urgence mis en place au lendemain des attentats du 13 novembre a été une prolongé une nouvelle fois mardi, jusqu'au 26 mai prochain, après le vote sans enthousiasme des députés.

Pour la seconde fois depuis les attentats du 13 novembre, l'état d’urgence a été prolongé officiellement mardi, jusqu'au 26 mai prochain, suite au vote à l'Assemblée nationale. Face au critique sur le faible nombre de procédures judiciaires ouvertes pour terrorisme depuis la mise en œuvre de ce régime d'exception, le ministre de l'Intérieur, Bernard Cazeneuve, a défendu devant les députés la prolongation de ce régime de sécurité.

Evoquant le "péril imminent" qui "n'a pas disparu", le ministre de l'Intérieur a souligné que la menace terroriste était "plus élevée que jamais". Le gouvernement, en outre, fait valoir que l'état d'urgence a permis à ce jour plus de 3.000 perquisitions administratives, 400 assignations à résidence, et de déjouer un attentat. Par ailleurs, si seulement 29 procédures ont été ouvertes sous la qualification de terrorisme, "les éléments collectés peuvent alimenter des dossiers de renseignement qui donneront lieu le cas échéant à judiciarisation" plus tard, a souligné au Palais Bourbon Bernard Cazeneuve.

Inquiétudes des défenseurs des droits

Environ la moitié des députés étaient présents pour ce vote qui emportait une large majorité mais pas l'unanimité dans les rangs des parlementaires. 212 voix se sont prononcées pour la prolongation de l'état d'urgence, contre 31 et 3 abstentions, soit un vote bien moins massif que le 19 novembre dernier lors d'une première prolongation de trois mois (551 pour, 6 contre et 1 abstention).

Quelques socialistes, des écologistes et quasiment tous les députés du Front de gauche ont en effet depuis rejoint le camp des opposants au maintien de ce régime issu d'une loi de 1955. Et parmi les absents mardi soir figurent nombre de députés réticents à donner un nouveau blanc-seing au gouvernement, selon un responsable de la majorité. Le Sénat avait pour sa part validé il y a une semaine cette prolongation par 316 voix contre 28.

Parmi les opposants, les écologistes ont notamment relayé les préoccupations d'associations comme la Ligue des droits de l'Homme, du Défenseur des droits Jacques Toubon, du Conseil de l'Europe, ou encore de magistrats déplorant leur mise à l'écart au profit de la justice administrative.

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