Manif contre la réforme du travail : vers une lune de miel entre Benoît Hamon et Jean-Luc Mélenchon ?

CONVERGENCE - Alors qu'une partie des responsables PS est réticente à manifester avec la CGT et La France insoumise contre la réforme du Code du travail, Benoît Hamon, lui, ne cesse de se rapprocher des positions de Jean-Luc Mélenchon. Une évolution d'ailleurs soulignée à l'envi par ce dernier.

Ils s'étaient affrontés durement lors de la campagne présidentielle. Mais cinq mois après la bataille du premier tour et l'échec cuisant du candidat socialiste, Benoît Hamon et Jean-Luc Mélenchon amorcent un rapprochement notable sur fond d'opposition à la réforme du Code du travail. 


Alors que ses anciens camarades du PS se montrent, pour partie, très réservés sur le fait de manifester ce 12 septembre aux côtés de la CGT, et plus encore le 23 à l'appel de La France insoumise, le fondateur du "Mouvement du 1er Juillet", qui rêve de reconstruire un mouvement de gauche au-delà des clivages politiques actuels, a appelé sans équivoque à marcher aux côtés de la gauche radicale. Sur son compte Facebook, Benoît Hamon a ainsi expliqué ce mardi à ses soutiens pourquoi il appelait à manifester à ces deux dates. 

Oubliés les désaccords de fond - notamment sur la conception du travail - avec le patron de La France insoumise, Benoît Hamon, sur LCI, avait déjà souligné la semaine dernière "un point d'accord fort" contre la réforme du Code du travail. Plus surprenant : l'ex-PS adoubait Jean-Luc Mélenchon, arrivé largement devant lui au premier tour de la présidentielle. 

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Mélenchon a changé de ton

Même amorce de rapprochement du côté de Jean-Luc Mélenchon, qui semble avoir apprécié l'appel à rejoindre son cortège le 23 septembre. Il est loin le temps où l'Insoumis affirmait ne pas vouloir "s'accrocher à un corbillard". Sur son blog, lundi, le député des Bouches-du-Rhône a salué la décision de l'ex-PS, qui a, selon lui, "rompu la muraille de confinement politique que les chefs de la vieille gauche cherchaient à dresser", y voyant "un événemement politique de première importance" et expliquant vouloir "saisir sans hésitation la main qui se tend". 


Rebelote ce mardi matin à Marseille, au départ de la manifestation. Jean-Luc Mélenchon est même allé un peu plus loin, jugeant que Benoît Hamon avait "appelé très courageusement" à rejoindre la manifestation du 23. 

Qui derrière Hamon ?

Mais Jean-Luc Mélenchon a beau assurer que "les amis de Benoît Hamon se tiennent groupés" derrière ce dernier, difficile pour l'heure de voir combien de socialistes sont prêts à suivre leur ancien chef de file à la présidentielle sur le chemin des Insoumis.  Alors que l'ancienne patronne du PS Martine Aubry se montre plus qu'hésitante, malgré son opposition à la réforme, les membres de la direction collégiale de la rue de Solférino sont quant à eux partagés sur la nécessité de participer aux cortèges du 12, et a fortiori du 23. 


"Le combat d'un parlementaire n'est pas dans la rue", a notamment justifié le député Luc Carvounas mardi sur CNews, tout en expliquant que "les personnalités de gauche qui ne sont pas parlementaires iront dans la rue si elles le souhaitent", et en affirmant soutenir "tous les mouvements syndicaux" qui le feront. D'autres membres de la direction collégiale, comme Emmanuel Maurel, François Khalfon et Régis Juanico, entendaient quant à eux participer à la manifestation de la CGT. Pour le défilé des Insoumis dans 11 jours, c'est une autre paire de manche. D'ailleurs, l'appel à la mobilisation du PS affirme soutenir tous les mouvements "d'initiative syndicale" contre la réforme. Ce qui exclut bien entendu l'appel des Insoumis.  

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