"Non merci" : levée de boucliers des internautes contre la réforme du code du Travail

"Non merci" : levée de boucliers des internautes contre la réforme du code du Travail

#LOITRAVAILNONMERCI – Mobilisation virtuelle contre le projet de réforme du code du travail. Une pétition, lancée vendredi par Caroline De Haas, a recueilli en vingt-quatre heures plus de 90.000 signatures. Relayée sur le site Loitravail.lol, elle fait le buzz sur Twitter avec le hashtag #LoiTravailNonMerci. La militante féministe explique pour metronews l'objectif de cette mobilisation.

C'est une réforme qui est loin de faire l'unanimité. Sur internet, la contestation contre le projet de loi du code du Travail, porté par la ministre Myriam El Khomri, gronde. "Loi Travail : non, merci !" La féministe Caroline De Haas, avec l'appui d'une dizaine de militants et de syndicalistes, a lancé ce vendredi en début d'après-midi une pétition contre la réforme du code du travail pour "interpeller la ministre et lui demander de renoncer à ce projet". Vingt-quatre heures après sa mise en ligne, cette dernière fait le buzz sur Twitter, avec le hashtag #LoiTravailNonMerci, et a déjà récolté plus de 90.000 signatures au moment de la rédaction de cet article.

"Complètement inhumain"

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"J'ai découvert dans la presse en début de semaine l'avant-projet de loi, explique pour metronews Caroline De Haas, également co-initiatrice de la primaire de gauche. Comme beaucoup de citoyens, j'ai été totalement stupéfaite de voir les similitudes entre les revendications du Medef et le texte. Chaque page du projet de loi nous réservait des surprises." Elle cite en exemple la nouvelle disposition qui permettrait ainsi à une entreprise de réduire le nombre de jours de congé dans le cas du décès d'un conjoint, actuellement garantis à deux jours, ou d'un mariage, quatre . "Dans quel cerveau bizarre ce genre de mesure peut émerger ? s'interroge-t-elle. Aucun patron de PME ne demande cela. Il faut être complètement inhumain." Sans compter, selon la militante, que de nombreuses dispositions sont en contradiction avec le droit européen.

La pétition, relayée sur un site internet dédié , décortique treize différentes conséquences que pourrait avoir le projet de loi Travail, et devrait dépasser largement les 100.000 signatures numériques, moins de 24 heures après sa création. Intitulé Loitravail.lol , il donne le ton. "Le projet de loi Travail présenté par Myriam El Khomri propose de revenir des années en arrière", est-il annoncé en tête de la page. "Vous faites partie des 17 millions de personnes salariées en France ? Vous avez tiré le gros lot!" raille-t-on plus loin.

"Des conséquences sur chacune de nos vies"

"Notre objectif est double, ajoute Caroline De Haas. Premièrement, c'est d'informer, pour que les citoyens puissent s'emparer de la vie publique et reprendre la main sur la vie politique. Car cette réforme du travail nous concerne tous et toutes. Elle aura des conséquences sur chacune de nos vies. Et le second objectif est d'envoyer un message au gouvernement pour faire en sorte que la ministre réécrive sa copie."

Parmi les différentes mesures les plus contestables égrenées : "En cas de licenciement illégal, l'indemnité prud'homale est plafonnée à 15 mois de salaire", "les 11 heures de repos obligatoire par tranche de 24 heures peuvent être fractionnées", "une entreprise peut, par accord, baisser les salaires et changer le temps de travail", ou encore "il suffit d'un accord d'entreprise pour que les heures supplémentaires soient cinq fois moins rémunérées".

"Un moyen pour se faire entendre"

Ce mercredi, c'était un ancien entrepreneur qui apportait sa contribution dans une tribune publiée sur Facebook . Engagé au Parti socialiste, Anthony Gratacos , directeur d'exploitation dans une entreprise de transport, y dénonce ce projet de réforme. "Comme chef d'entreprise je suis dépité", déclare-t-il, regrettant l'absence de représentation des petites entreprises dans le débat. "La reforme du code du Travail ne changera rien pour mon entreprise et ne créera pas un seul emploi, ajoute-t-il. Au contraire. Elle en détruira."

Comme socialiste je suis atterré. Comme chef d'entreprise je suis dépité. Mon problème ce n'est ni le code du travail,...

Posté par Anthony Gratacos sur  mercredi 17 février 2016

La pétition, estime Caroline De Haas, n'est qu'un outil. "Internet joue un rôle déterminant dans l'information et la conviction. Toutes les grandes mobilisations sociales ont commencé par une pétition, à l'image du mouvement contre le CPE en 2006 auquel j'ai participé. Si le gouvernement ne nous entend pas, on réfléchira à un autre moyen pour se faire entendre et on ira plus loin."

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