Présidentielle 2017 : qui est Yannick Jadot, le candidat EELV ?

PORTRAIT - Yannick Jadot, 49 ans a remporté la primaire écologiste avec 54,25% des voix. Peu connu du grand public, cet homme consensuel a acquis une solide expérience dans le milieu associatif avant de fonder EELV avec son mentor Daniel Cohn-Bendit.

Il inscrit ses pas dans ceux de Nicolas Hulot, et ça marche. A 49 ans, Yannick Jadot, adepte d’une écologie pragmatique, a su séduire les militants pour remporter, lundi 7 novembre, la primaire EELV. Moins clivant ou clanique que Cécile Duflot, il souhaite "redonner à l’écologie une image d’amabilité" et "réconcilier les électeurs avec l'écologie politique".  

Pour y parvenir, Yannick Jadot entend s'appuyer sur sa personnalité et  sur ses qualités humaines, dont il se dit qu'elles font l'unanimité. L’homme fait consensus auprès des écologistes - ce qui est assez rare pour être souligné -. Au sein du parti, il bénéficie d’une certaine neutralité, ce qui lui a valu d’obtenir les parrainages de chaque camp. De leur côté, les militants soulignent l’expérience solide dont bénéficie le député européen dans la société civile. Proche du milieu associatif, il est tout sauf un apparatchik.

Un spécialiste du climat, ancien de Greenpeace France

Le candidat fait ses premières armes en politique en 1986 en créant le mouvement étudiant "La Déferlante". Il se retrouve à ce titre chargé d’organiser la manifestation d’hommage à Malik Oussékine, un étudiant tué lors d’affrontements avec des policiers en marge d’une manifestation contre le projet de réforme universitaire Devaquet. Après des expériences humanitaires au Burkina Fasso, au Gabon et un Bangladesh dans les années 90, il intègre Solagral, une ONG spécialisée dans le suivi des négociations internationales. 

A la présidentielle de 2002, il participe à la campagne de Noël Mamère puis devient directeur des campagnes de Greenpeace France jusqu’en 2008. Il est élu au Parlement européen en 2009, où il est spécialiste du climat et du traité transatlantique. En 2011 il est porte-parole d’Eva Joly pendant la campagne des primaires, avant de s’en éloigner, la jugeant trop critique à l’égard du PS. "Jadot a un vrai parcours professionnel avec de vrais jobs qui ne sont pas accessoires à un engagement politique, il a mené deux carrières en parallèle" loue l’eurodéputé Pascal Durand. 

La faille de Jadot, c’est qu’il n’en a rien à faire de la cuisine politique"Un ancien cadre du parti

Daniel Cohn-Bendit, son mentor avec qui il a créé le parti EELV en 2009, ne tarit pas d'éloges sur le député européen.  "C’est quelqu’un de très ouvert, très curieux, qui écoute et qui est capable de remettre certaines de ses positions en question, c’est le contraire d’un homme de parti ligoté par son idéologie." "On ne s’est pas quitté, sur beaucoup de choses, on est d’accord même s’il est un peu plus radicalement de gauche que moi".


Toutefois, son côté consensuel peut parfois lui jouer des tours. Un ancien cadre du parti avoue que "la faille de Jadot, c’est qu’il n’en a rien à faire de la cuisine politique (…). Ca le rend sympa mais, du coup, il n’est pas du tout dans la logique écurie donc il n’a personne autour de lui." En 2012, il a manqué de peu l’occasion d’être ministre dans le gouvernement Ayrault car Cécile Duflot aurait glissé à François Hollande le nom de Pascal Canfin plutôt que le sien. Aujourd'hui, il tient sa revanche.

Yannick Jadot : "Je reçois la responsabilité qui m'est confiée avec gravité et détermination"

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