Primaire de la droite : pourquoi Fillon ne décolle-t-il pas ?

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La bataille pour la présidentielle à droite

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ESPOIR - François Fillon peut-il encore espérer gagner la primaire de la droite ? Les sondages semblent le condamner à jouer les seconds rôles, mais lui refuse de se résigner et met en cause la fiabilité des enquêtes d’opinion.

François Fillon serait-il maudit ? Depuis plusieurs mois, l’ancien Premier ministre stagne autour de 10% des intentions de vote à la primaire de la droite et du centre. Le Sarthois ne ménage pourtant pas sa peine. D’autant qu’il coche plusieurs cases du "bon candidat de droite".


Lors des universités d’été du Medef, fin août, où les principaux candidats de la primaire ont défilé, lui n’a pas été sifflé, contrairement à Nicolas Sarkozy. Bien au contraire. Son discours très libéral (baisse de la fiscalité des entreprises à hauteur de 50 milliards d’euros, suppression des 35 heures, etc.) a été très largement salué par les patrons présents. 


L’ancien locataire de Matignon a aussi récemment enregistré le soutien de Sens Commun. Ce collectif, interne aux Républicains et opposé à la loi Taubira, est composé de plusieurs milliers de militants. Ce qui rend cet appui d’autant plus précieux.


Malgré ces bonnes nouvelles pour François Fillon, personne ne l’imagine perturber le duel Sarkozy-Juppé et pour de nombreux observateurs, les jeux sont faits. Lui n’est évidemment pas de cet avis et l’a fait savoir mercredi soir lors d’un meeting à Paris. "Je ne crois pas aux sondages sur les primaires. Personne ne sait qui va aller voter, comment les Français vont aller voter", a lancé le candidat.

"Les écarts ne reflètent pas la réalité", nous assure son porte-parole de campagne, Jérôme Chartier, qui préfère regarder les sondages sur les côtes d’avenir, où l’ancien Premier ministre réalise de bien meilleurs scores. A deux mois du premier tour de la primaire, lui aussi garde espoir. "Nous savons qu’il est un challenger dans cette compétition, mais les futurs débats télévisés, la mobilisation sur les réseaux sociaux ou encore les déplacements de François Fillon sont autant de leviers pour progresser".


Sauf que jusqu‘à présent, tous les efforts du député de Paris ont été vains. "Il a beau changer de braquet, en devenant par exemple plus agressif vis-à-vis de Nicolas Sarkozy, ça ne prend pas", constate le président du cabinet Viavoice, François Miquet-Marty. D’après lui, les Français ont des doutes sur son leadership. Et même s’il est perçu comme un homme d’État, "il donne le sentiment paradoxal qu’il est davantage spectateur de l’histoire qu’acteur", souligne le politologue. 

Le président de l'Institut de sondage Pollingvox, Jérôme Sainte-Marie, estime quant à lui que François Fillon a raté le coche en 2012. L’ancien Premier ministre aurait pu, après le départ de l’Élysée de Nicolas Sarkozy, devenir le leader de la droite s’il avait gagné la bataille pour la présidence de l’UMP. Or, "cette élection ratée et la lutte qui s’en est suivie avec Jean-François Copé a été dévastatrice pour son image", juge-t-il.


Alors qu’il bénéficiait d’une forte popularité à la fin du précédent quinquennat, l’ex-Premier ministre de Nicolas Sarkozy n’est finalement pas parvenu à passer, aux yeux de l’opinion, du statut de n°2 à celui de leader. Et il en paye aujourd’hui le prix .

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