À Sciences-Po aussi, Arnaud Montebourg joue la carte de l’intime

À Sciences-Po aussi, Arnaud Montebourg joue la carte de l’intime

PRÉSIDENTIELLE - Mardi soir, Arnaud Montebourg était le deuxième invité du Grand Oral organisé par les élèves de Sciences-Po Paris, après Jean-François Copé le mois dernier. Le candidat à la primaire de la gauche y a bien sûr évoqué son programme économique, mais aussi son enfance et son parcours. On a assisté au flash-back.

Dans le programme du Grand Oral organisé par les étudiants de Sciences-Po Paris, il était écrit qu’Arnaud Montebourg se prête au jeu de l’interview politique ou qu'il aborde son programme économique avec l’essayiste (et conseiller économique de Bruno Le Maire) Robin Rivaton. 


Mais il était aussi prévu que le candidat à la primaire de la gauche se fasse dresser le portrait, revienne sur son enfance et son parcours, parle de son lien avec les réseaux sociaux et les médias... Il s’y est adonné sans rechigner, rejouant parfois les séquences d’"Une ambition intime", le rendez-vous "politique" de M6 auquel il a participé il y a quelques semaines.

Il est important, quand on se présente à une élection, de dire d’où on vient"Arnaud Montebourg

Interrogé sur sa participation à l’émission de Karine Le Marchand, qui s'est vu reprocher le caractère superficiel, Arnaud Montebourg a affirmé qu’il ne regrettait rien. "Je n’ai pas eu l’impression de ne pas faire de politique, parce que l’essentiel de l’émission a été de rappeler mon parcours politique" a estimé l’ancien ministre de l’Economie. 


Selon lui, cette émission a permis de "montrer la cohérence humaine" de son parcours et de son projet. "Il est important, quand on se présente à une élection, de dire d’où on vient pour que les Français puissent imaginer où on va." Il a même confessé qu’il avait regardé l’émission dans son intégralité puisqu’il a avoué avoir "appris beaucoup de choses sur la vie de Madame Le Pen" mais un peu moins "sur celle de Sarkozy, car lui-même en avait déjà révélé beaucoup". 

La politique était un passeport pour prendre la parole à table"Arnaud Montebourg

Dans l'amphithéâtre de l'institution de la rue Saint-Guillaume, Arnaud Montebourg - sans les questions de Karine Le Marchand -  s'est d'ailleurs re-prêté au jeu, revenant sur les racines de son engagement en politique ainsi que sur quelques éléments de son enfance : "Chez moi, on parlait politique tout le temps, c’était même un passeport pour prendre la parole à table" a-t-il expliqué. Ancien élève de Sciences-Po Paris, dans la même promotion que Frédéric Beigbeder, Claude Chirac, David Pujadas, Jean-François Copé, Anne Roumanoff ou Alexandre Jardin, lui le Bourguignon est revenu sur ses débuts difficiles dans la capitale et sur ses études. "Il y avait finalement, une sorte d’élite parisienne, avec un entre soi, des codes implicites et secrets, dont je me sentais instinctivement exclu. Car, en fait, j’étais resté un provincial un peu perdu à Paris. Quand je suis arrivé en 1983 je ne connaissais absolument personne. Ça a été pour moi des moments de solitude."


Arnaud Montebourg a ensuite expliqué à l’auditoire que son échec au concours d’entrée de l’ENA avait été pour lui "une chance", malgré la déception de son père de le voir choisir la carrière d’avocat. "Pour lui, avocat ce n’était pas un métier. Pour lui, avocat ce n’était pas une promotion sociale."  

Son passé comme militant mitterrandiste

Aussi  l'aise sur l'estrade que dans le canapé de Karine Le Marchand, Arnaud Montebourg a aussi évoqué un passé encore un peu plus lointain, du temps où il s'engageait  en faveur de François Mitterrand. "Ma naissance en politique, raconte le candidat à la primaire de gauche, c’était en 1972. Il y avait eu le décès de Georges Pompidou, et je me souviens que j’avais un ami à l’époque au collège qui défendait Giscard. Et lui a découvert que je défendais Mitterrand." 


Et de continuer un récit dont il a le secret : "Je suis né dans la Nièvre, dans la circonscription de Mitterrand. J’ai vécu toute mon enfance dans cet endroit secret, avec des bois profonds  où la mystique des origines de la France (Vercingétorix, la guerre des Gaules) imprégnait l’atmosphère" a-t-il déclaré. "J’ai fait, en mon temps, l’inventaire de mon militantisme mitterrandiste. Après avoir fait l’inventaire (…), je fais partie de ceux qui lui reconnaissent une puissance imaginaire importante malgré ses zones d’ombres. (…)  Il a laissé une marque importante pour notre pays, il faut savoir le lui reconnaître." 

VIDÉO - Arnaud Montebourg se déclare candidat à la primaire de la gauche

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