Quand son ministère se trompe, Ségolène Royal accuse les autres

Quand son ministère se trompe, Ségolène Royal accuse les autres

DirectLCI
FACT-CHECKING - La ministre de l'Ecologie a accusé publiquement ce mardi AirParif, l'organisme chargé de surveiller la qualité de l'air en Ile-de-France, d'être "sectaire" et d'avancer des chiffres "faux". Sauf que l'erreur vient... des propres services de Ségolène Royal !

Telle Mary Poppins, Ségolène Royal n'a de cesse de chanter les louanges des cheminées à l’approche de Noël. "J'ai rétabli la liberté", s'est-elle encore félicitée ce mardi matin au micro de BFMTV-RMC, au sujet de l'interdiction des feux de cheminée en Ile-de-France, qu'elle a annulée parce qu'elle la trouvait "absurde". Jusque-là, rien de nouveau.

EN SAVOIR + >> Feux de cheminée : Ségolène Royal juge l'interdiction "ridicule"

Mais, plus étonnant, la ministre de l'Ecologie a alors publiquement reproché à AirParif , l'organisme chargé de surveiller la qualité de l'air en Ile-de-France, d'être "un peu trop sectaire sur la question de la prise en compte de la pollution de l'air" (sic). Et d'accuser les chiffres d'AirParif, qui selon elle "attribuaient aux feux de cheminée la pollution majeure sur l'Ile-de-France", d'être "complètement faux".

"La Driee s'est trompée, et lourdement"

Sur ce sujet, la ministre de l’Ecologie avait déjà expliqué avoir été sensibilisée "par des associations de consommateurs". C'est en effet l' UFC-Que Choisir qui avait révélé que les données utilisées pour justifier l'interdiction des feux de cheminée étaient fausses. Sauf que l'UFC avait montré que l'erreur ne provenait pas d'AirParif mais bien... des services de Ségolène Royal !

En effet, c'est la Direction régionale et interdépartementale de l'environnement et de l'énergie ( Driee ), un service déconcentré du ministère de Ségolène Royal, qui avait annoncé l'interdiction des feux de cheminée. S'appuyant sur un argument choc : "Le chauffage au bois contribue à hauteur de 23% aux émissions totales" de rejets toxiques en Ile-de-France, "soit autant que l'échappement des véhicules routiers".

EN SAVOIR + >> Interdire les feux de cheminée à Paris : "ridicule", vraiment ?

Si les chiffres proviennent bien d'AirParif, c'est la Driee qui en a fait "une présentation biaisée", a expliqué l'UFC. D'une part, en agrégeant aux données sur les feux de cheminées celles de toute la combustion de biomasse (feux agricoles, barbecues, etc). Ensuite, en réduisant le poids de la pollution automobile aux gaz d'échappement, sans prendre en compte les chiffres de leur subsistance dans l'air. En fait, a calculé l'association, les feux de bois ne constituent que 4% de la pollution francilienne, soit "dix fois moins que la circulation routière". Conclusion : "La Driee s'est trompée, et lourdement". Pas AirParif.

Plus d'articles

Sur le même sujet