Qui est Richard Ferrand, chef de file des députés LREM blanchi dans l'affaire des Mutuelles de Bretagne ?

TAULIER - Un des tout premiers socialistes à avoir cru en Emmanuel Macron, Richard Ferrand, ex-ministre "exfiltré" du gouvernement après sa mise en cause dans une affaire immobilière, a échappé à la mise en examen. Portrait d'un pilier de la Macronie.

Marcheur de la première heure, le député du Finistère Richard Ferrand est un homme soulagé. Vendredi 13 octobre, celui qui confiait "attendre en souffrant" la décision du parquet de Brest dans le cadre de l'affaire immobilière où il était soupçonné de favoritisme et de prise illégale d'intérêts, a appris qu'il ne serait pas davantage inquiété. La justice a en effet décidé que "les infractions d'abus de confiance et d'escroquerie n'étaient pas constitués", tandis que  la piste du "délit de prise illégale d'intérêts", si elle aurait pu être approfondie par le parquet, n'a pas pu l'être, en raison d'un délai de prescription dépassé de deux ans.


Homme d'expérience à la fois ferme et chaleureux, ayant la confiance du chef de l'Etat, celui qui a été le secrétaire général du jeune mouvement En Marche !, créé en avril 2016, avait été élu à la tête des députés LREM de façon écrasante et... à main levée. Une présidence marquée par une relative absence à l'Assemblée, d'autant plus remarquée que les jeunes députés de La République en marche se faisaient alors remarquer par leur manque de maîtrise.

Éphémère ministre de la Cohésion des territoires, il avait quitté l'équipe d'Edouard Philippe à la demande d'Emmanuel Macron pour briguer ce poste de président de groupe. Officiellement tout du moins car il devenait difficile, après l'ouverture de l'enquête préliminaire, de ne pas voir dans son départ une manière d’éloigner du gouvernement un homme dans l’œil de la justice.  


Son mois de présence au gouvernement avait en effet été troublé par l'ouverture d'une enquête judiciaire relative à ses anciennes fonctions aux Mutuelles de Bretagne. Le Canard enchaîné avait en effet révélé fin mai que ces dernières louaient des locaux appartenant à la compagne de Richard Ferrand, faisant naître un soupçon de favoritisme. Il avait été interrogé à ce sujet par la police début 7 juillet et, le 13 octobre, le parquet de Brest a finalement décidé de ne pas donner suite.

Ricahrd Ferrand a débuté sa carrière politique à la fin du siècle dernier. Il décroche alors un premier mandat de conseiller général du Finistère en 1998, un poste qu'il occupera durant 13 ans. En 2010, il devient conseiller régional de Bretagne. 


Élu pour la première fois député dans la foulée de la victoire de François Hollande à la présidentielle en 2012, Richard Ferrand avait été nommé rapporteur général de la "loi Macron" à l'Assemblée. C’est ainsi qu’il a fait la connaissance d'Emmanuel Macron, avant de tomber sous le charme et de se greffer sur la cellule souche d'En Marche, quand pratiquement personne ne pariait sur les chances de victoire de l'actuel locataire de l’Élysée.


Dans ce noyau dur, surtout constitué de trentenaires et de quadras, il faisait figure d'aîné, avec l'économiste Jean Pisani-Ferry. Longtemps discret, il est peu à peu devenu l’homme de confiance du candidat devenu président, avant d'être discrètement mis sur la touche ces derniers mois. Blanchi par la justice, reviendra-t-il dans la lumière ? Dans un ministère ? A l'Elysée, après la décision judiciaire, il n'en était pas encore question.

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