Réforme de la taxe d'habitation : pourquoi il y a eu cafouillage entre Macron et Philippe sur la date d'application

CAFOUILLAGE – Emmanuel Macron et Edouard Philippe vont présenter ce lundi 17 juillet la réforme de la taxe d'habitation devant les élus réunis au Sénat. Si l'exécutif a finalement décidé de l’activer dès l’an prochain, il avait laissé entendre lors du discours de politique générale du Premier ministre qu'elle n’entrerait en vigueur qu’en 2019.

Le gouvernement en est convaincu : les impôts doivent baisser le plus rapidement possible. Emmanuel Macron et Edouard Philippe vont devoir en persuader les élux locaux qu'ils réunissent ce lundi 17 juillet au Sénat pour la Conférence nationale des territoires. Car le président a tranché le 9 juillet dernier : sa réforme de la taxe d’habitation, qui doit permettre à terme à 80% des Français d’en être exonérés, sera enclenchée dès l’an prochain. En clair, les foyers modestes, et en particulièrement les retraités qui vont subir de plein fouet la hausse de la CSG, devraient ne pas payer de taxe d’habitation en 2018. 


On ignore encore le rythme de la réforme mais de nouveaux contribuables seront intégrés les années suivantes jusqu’à une exonération complète pour 4 foyers fiscaux sur 5, la limite se situant à un revenu fiscal net de 20.000 euros par an et par part fiscale dans un foyer. Cette promesse de campagne du candidat Macron, initialement prévue dès 2018, avait été mise de côté par le Premier ministre Edouard Philippe lors de sa déclaration de politique générale, mardi 4 juillet, au lendemain du discours au Congrès. Sans détailler de calendrier précis, il avait laissé entendre une activation de la réforme "d'ici la fin du quinquennat".

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Edouard Philippe sur la réforme de la taxe d'habitation : "Je sais cette réforme attendue par les contribuables, mais redoutée par les élus"

"Il fallait arrêter cette petite musique..."

Une mauvaise nouvelle pour le pouvoir d’achat des Français, à laquelle s'étaient ajoutées d’autres annonces tout aussi défavorables (convergence entre la fiscalité du diesel et de l'essence, augmentation du prix des cigarettes, gel du point d’indice des fonctionnaires). Bref, c’était trop d’un seul coup et l'exécutif a préféré déminer la situation. 


"Il fallait arrêter cette petite musique de plus en plus forte qui évoquait de façon erronée une hausse des prélèvements obligatoires pour l’an prochain", a glissé l’entourage du Premier ministre dans Les Echos


Emmanuel Macron, en tant que secrétaire général adjoint de l’Élysée entre 2012 et 2014, a vu comment François Hollande avait créé les conditions d’un "ras-le-bol fiscal" au début de son quinquennat. Le nouveau locataire de l’Élysée, qui a retenu la leçon, ne compte pas reproduire les mêmes erreurs. 

Le report de la réforme de la taxe d’habitation avait été envisagé pour calmer la colère des élus locaux, inquiets pour les finances de leur commune malgré la promesse d’Emmanuel Macron de compenser le manque à gagner. Mais face à la grogne en puissance de l’opinion, l’exécutif a visiblement préféré ne pas jouer avec le feu. Quitte à être un peu chahuté ce lundi.

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