Richard Ferrand futur président du groupe REM à l'Assemblée ? "Une exfiltration judiciaire" pour Bernard Accoyer

ATTAQUE - Invité de LCI mardi matin, le secrétaire général des Républicains, Bernard Accoyer, a dénoncé la future nomination de Richard Ferrand à la présidence du groupe REM à l'Assemblée Nationale, rien de moins selon lui qu'une "exfiltration judiciaire". Par média interposé, le principal intéressé assure qu'il reste à disposition du procureur et qu'il n'est "pas question d'immunité" parlementaire.

Les mots sont durs : exfiltration judiciaire, déshonneur de l'Assemblée nationale. Pour Bernard Accoyer, la pilule ne passe pas. Interrogé mardi matin sur LCI par Audrey Crespo-Mara, le secrétaire général des Républicains, s'est même dit choqué que le président de la République demande à Richard Ferrand, jusqu'ici ministre de la Cohésion des territoires et visé par une enqupete préliminaire du parquet de Brest, de "briguer la présidence du groupe" REM à l'Assemblée nationale.


"On exfiltre un membre du gouvernement qui est l'objet d'une enquête préliminaire de la justice pour des faits de délits financiers allégués et qui paraissent particulièrement sérieux", s'emporte-t-il, "et pour qu'il soit moins exposé, on le met à l'Assemblée nationale". Selon lui, le fait que Les Républicains aient tenté de porter à la tête du pays un candidat, lui aussi, sous les feux des projecteurs de la justice et mis en examen pour détournement de fonds publics suite à l'affaire des emplois fictifs, ne pourrait être mis en parallèle.

"Pas de sens"

Quelle différence alors ? Qu'Emmanuel macron ait fait de la moralisation de la vie politique son principal combat. "C'est le premier texte qu'il veut faire adopter à l'Assemblée nationale", souligne Bernard Accoyer, la nomination de Richard Ferrand "ne va pas dans ce sens". Et d'enfoncer le clou : "Quand on donne des leçons, on donne l'exemple".


Face à la grogne, l'ancien ministre a répondu ce mardi matin sur RTL à ses détracteurs. "Il n'est pas question d'immunité,a-t-il voulu rassurer. "Si le procureur souhaite m'entendre, il m'entendra, cela va de soi, évidemment." Richard Ferrand préfère parler de marque de "confiance" du président. "C'est un poste stratégique, qui fait l'interface entre le chef du gouvernement et le chef de l'Etat".

Philippe vivement critiqué

Mais Bernard Accoyer n'en veut pas seulement à l'ancien directeur général des Mutuelles de Bretagne, il prend également pour cible tous les Républicains qui acceptent la main tendue d'Emmanuel Macron. Ceux qui ont pris le pouvoir ne sont pour lui que des personnes "habiles, chanceuses, sans état d'âme". Ambiance. Dans son viseur, le Premier ministre Edouard Philippe, mais aussi tout ceux qui ont quitté le navire "avant même les législatives". 

En vidéo

Retrouvez l'intégralité de l'interview de Bernard Accoyer, secrétaire général des Républicains

Dernière "trahison" en date : la volonté de Thierry Solère de constituer un groupe dissident à l'Assemblée, distinct des Républicains et prêt à voter la confiance au nouveau gouvernement. Une vingtaine de députés seraient d'accord. Bernard Accoyer prévient déjà : "ils porteront la responsabilité d'affaiblir leur propre camp, leur propre famille politique, ceux et celles qui leur ont tout donné." L'ancien président du groupe LR au Parlement souhaite que son camp reste dans l'opposition, pas question donc que son parti "ne donne un chèque en blanc à un président que l'on condamne". 

Tout savoir sur

Tout savoir sur

L’affaire Richard Ferrand

Plus d'articles

Sur le même sujet