Sarkozy honnête ? Seuls 20% des Français le pensent

Sarkozy honnête ? Seuls 20% des Français le pensent

EXCLUSIF - Nicolas Sarkozy arrive bon dernier du baromètre metronews-CLAI-LCI sur la perception de l'honnêteté de plusieurs cadres de l'UMP, loin derrière Alain Juppé, Bruno Le Maire et François Fillon. L'enquête montre par ailleurs que la défense de l'ex-chef de l'Etat dans les affaires ne fonctionne pas dans l'opinion : 62% des Français pensent qu'il n'est pas victime d’acharnement judiciaire.

"C'est grotesque, qui peut croire à une fable pareille ?", avait lancé Nicolas Sarkozy, alors chef de l'Etat, interrogé sur l'affaire Karachi en juin 2009. Cinq ans plus tard, seuls 20% des Français interrogés dans le cadre du baromètre metronews-CLAI-LCI jugent que le qualificatif "honnête" s'applique bien à l'ancien chef de l'Etat. Sa ligne de défense, dont il n'a jamais dévié malgré la multiplication des affaires (de Bygmalion au Kazakhstan ), ne semble donc guère porter ses fruits. Et ce, il faut le rappeler, alors qu'il n'a jusqu'à présent jamais subi aucune condamnation.

Un autre constat frappe à la lecture de l'enquête d'opinion, qui teste l’honnêteté perçue de cinq responsables UMP : aucun ne passe la barre des 50%. "L'honnêteté n'est pas un attribut de l’image des politiques en France, analyse pour metronews Bruno Jeanbart, directeur général adjoint d'OpinionWay. Et contrairement aux pays anglo-saxons, ce n'est pas un sujet central dans le vote". Ironie de l'histoire, c'est d'ailleurs Alain Juppé , déjà condamné par le passé (dans l'affaire des emplois fictifs de la ville de Paris), qui caracole en tête (46%). De quoi, certainement, émouvoir le candidat à la présidentielle 2017, lui qui avait eu les larmes aux yeux la semaine dernière sur un plateau de France 2, quand on lui avait montré un sondage favorable.

62% des Français ne croient pas à un acharnement judiciaire

Dans un mouchoir de poche, le maire de Bordeaux est talonné par Bruno Le Maire (45%) et François Fillon (44%). Hervé Mariton, lui, arrive en quatrième position, à 31%, "plombé par un défaut de notoriété", estime Bruno Jeanbart. Parmi les sondés qui avaient voté Nicolas Sarkozy en 2012, les chiffres sont meilleurs mais le classement est quasiment similaire : 55% pensent aujourd'hui qu'il peut être qualifié d'honnête (il repasse devant Mariton à 54%), contre 70% pour Alain Juppé.

Nicolas Sarkozy ne trouvera aucun réconfort dans la seconde question posée aux sondés, qui s'attache à l'autre volet de sa défense face aux affaires : la thèse de l'acharnement judiciaire dont il serait victime. Las, 62% des Français n'y croient pas. Le candidat à la présidence de l'UMP peut néanmoins compter sur un soutien indéfectible de son camp : 90% de ceux qui avaient voté UMP à la présidentielle 2012 pensent qu'il est en effet victime d'acharnement. "Dans sa bataille interne pour l'UMP, l’argument est donc efficace, note Bruno Jeanbart. En revanche, si l'on se place dans la perspective d'une reconquête des Français, en vue de 2017, ce ne sera pas suffisant". Il va donc peut-être falloir penser à changer de disque.

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