Sécurité, autorité : le "superministère" de Sarkozy, pour quoi faire ?

Sécurité, autorité : le "superministère" de Sarkozy, pour quoi faire ?

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ON REGROUPE TOUT - Dans ses propositions pour la sécurité divulguées ce mardi dans Le Parisien, puis lors d'une convention Les Républicains sur le sujet, Nicolas Sarkozy plaide pour la création d'un (très) grand "ministère de la Sécurité publique" regroupant la police, la gendarmerie, les douanes et l'administration pénitentiaire. Mais au fait, à quoi ça pourrait servir ?

A l'occasion de la convention "sécurité" des Républicains, Nicolas Sarkozy a annoncé mardi une série de propositions, parmi lesquelles la création d'un "superministère" de la Sécurité publique. Une mastodonte administratif qui regrouperait, outre la police et la gendarmerie - déjà réunies sous le précédent quinquennat -, les douanes, actuellement sous l'autorité de Bercy, et l'administration pénitentiaire, qui dépend jusqu'ici de la Justice.

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Sur le papier, l'idée d'un regroupement de forces fait toujours son effet. Mais à quoi cela sert-il ? Le ministère, défendait mardi matin le président des Républicains (et ancien ministre de l'Intérieur, casquette qui l'a porté au pouvoir en 2007), doit permettre "d'assurer le regroupement de toutes les forces de sécurité en France" et de donner des moyens d'action supplémentaires au ministère de l'Intérieur dans la lutte, notamment, contre l'immigration clandestine et la récidive.

"Un seul patron"

Sollicité par metronews à l'Assemblée nationale, le député des Alpes-Maritimes Eric Ciotti (LR) assure volontiers l'après-vente de cette proposition. Il argumente : "Ce regroupement est une garantie de mutualiser les forces, de regrouper deux administrations sous l'autorité d'un seul patron." Mais encore ? "Il permettra aux effectifs des forces de l'ordre de se concentrer sur des missions prioritaires, comme l'immigration illégale, qui incombe actuellement à la police aux frontières." Lutter contre l'immigration à la source, telle est donc l'un des objectifs prioritaires de ce superministère sorti du chapeau de Nicolas Sarkozy et qui doit, en principe, venir s'ajouter au socle commun du futur programme présidentiel des Républicains pour 2017.

"Pas sérieux", "pas responsable"

Dans cette bataille pour le regroupement, le député sarkozyste Christian Estrosi est même allé plus loin, mardi, en proposant, à titre personnel, une sorte de "mégaministère" de l'Intérieur. Pour lui, il serait utile de lui adjoindre l'Immigration et la Justice. Une proposition jusqu'au-boutiste déjà invoquée en 2014 par Xavier Bertrand (il nommait cela "ministère de l'Autorité") qui ne figure pas dans le "pack" sécurité de Nicolas Sarkozy.

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L'idée du superministère plait aux Républicains, mais elle est loin de convaincre, bien entendu, la gauche. "Pas sérieux", "pas responsable", a tancé mardi matin le Premier ministre, Manuel Valls. "Nicolas Sarkozy cède une fois de plus à la tentation d'instrumentaliser la sécurité, a réagi pour sa part le député écologiste François de Rugy. Ce sont des problèmes réels face auxquels les coups de mentons restent sans effet." Tout en concédant, malgré tout, que "si l'on veut un recul de la violence, il faut que la police, la gendarmerie et la justice travaillent main dans la main". Mais pas forcément dans le même bureau.

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