Élections sénatoriales : pourquoi ce scrutin aussi est important pour Emmanuel Macron

DÉCRYPTAGE - Les élections sénatoriales du dimanche 24 septembre vont conduire au renouvellement de la moitié du Sénat. Trois mois après le succès de La République en marche aux législatives, c'est la droite qui part largement favorite. Son score aura un impact sur la réforme constitutionnelle voulue par Emmanuel Macron.

C'est le dernier scrutin national de l'année 2017. Après une longue année électorale, les élections prévues ce dimanche 24 septembre vont conduire au renouvellement de 170 sièges de sénateurs, soit la moitié des représentants au Sénat. Un scrutin qui passe relativement inaperçu, les Français n'étant pas directement convoqués aux urnes, mais qui n'est pas sans importance pour Emmanuel Macron. 

La droite archi-favorite

D'abord, le chef de l'Etat, qui subit une lourde chute dans les sondages d'opinion depuis l'été, va pouvoir mesurer l'état du rapport de force politique, et notamment des alliances possibles entre les différentes formations. Il s'agit là du dernier test électoral avant les européennes de mai 2019.


En effet, trois mois seulement après la large victoire de La République en marche (REM) aux législatives, c'est la droite, déjà majoritaire au Sénat, qui part très largement favorite, forte de ses soutiens locaux traditionnels. Le mouvement présidentiel, récemment constitué, ne compte pour l'heure que 29 sénateurs ralliés sous son étiquette, et l'absence de grands électeurs REM (ces élus locaux qui participent aux élections sénatoriales) rend le pari compliqué, avec tout au plus 40 à 50 sièges REM à la clé. C'est donc avec un Sénat résolument à droite qu'Emmanuel Macron va probablement devoir composer durant son quinquennat. 

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Chercher des soutiens

Même avec une majorité de droite, le Sénat ne devrait pas gêner outre-mesure le gouvernement d'Emmanuel Macron, dont la large majorité à l'Assemblée nationale aura systématiquement le dernier mot lors des débats sur les projets de loi ordinaires. En revanche, le scrutin de dimanche aura un impact réel sur la réforme constitutionnelle promise par Emmanuel Macron. Cette réforme des institutions, qui prévoit notamment de réduire du tiers le nombre des parlementaires, d'accélérer le rythme d'adoption de certaines lois et d'injecter une dose de proportionnelle dans le scrutin des législatives, nécessite en effet une majorité des 3/5e au Parlement, c'est-à-dire les deux chambres réunies.


Emmanuel Macron sait qu'il ne pourra pas mener cette réforme sans le Sénat, où il devra trouver près de 180 voix pour obtenir la majorité des 3/5e. Il lui faudra donc chercher des soutiens chez les sénateurs de la droite traditionnelle, UDI ou LR. Certains d'entre eux, menés par la sénatrice LR du Bas-Rhin Fabienne Keller, ont déjà commencé à s'organiser pour créer un groupe "constructif" à l'image de celui qui s'est formé à l'Assemblée nationale, susceptible de soutenir le gouvernement. Faute de trouver la majorité nécessaire, Emmanuel Macron devrait se résoudre soit à renoncer à sa réforme (comme François Hollande avant lui à propos du droit de vote des étrangers), soit à recourir au référendum auprès des Français, ce qui peut s'avérer beaucoup plus risqué pour un exécutif en perte de popularité. 

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