Sondage metronews - Après Sivens, Royal boit la tasse

Sondage metronews - Après Sivens, Royal boit la tasse

SONDAGE - Alors que la ministre de l'Ecologie a mis un point d'honneur ces dernières semaines à se démarquer du reste du gouvernement, sa stratégie lui revient comme un boomerang. Ségolène Royal essuie en effet la plus grosse chute de popularité de notre baromètre OpinionWay.

Elle pensait tirer son épingle du jeu, c'est raté. Au sortir de la polémique sur le barrage de Sivens qui a agité le pays durant deux semaines, Ségolène Royal perd sept points de popularité (à 35% d'opinion favorable) dans notre baromètre CLAI-metronews-LCI réalisé par OpinionWay. La ministre de l'Ecologie signe ainsi la plus grosse dégringolade du mois parmi les membres du gouvernement.

Ségolène Royal avait pourtant mis en place une stratégie soignée pour ne pas se retrouver en première ligne dans le dossier Sivens, dont elle était pourtant la ministre de tutelle. Dans un premier temps, la ministre de l'Ecologie s'était tue, laissant Manuel Valls et le ministre de l'Intérieur, Bernard Cazeneuve, en première ligne pour incarner la ligne dure face aux manifestants. Ce n'est qu'après quelques jours qu'elle a fini par se poser en médiatrice, avant de de tacler la méthode de ses deux collègues puis d’annoncer une révision du chantier.

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Le solo de Ségolène Royal ne paie pas


Las, ce positionnement n'a pas payé dans l’opinion. Au bout du compte, Manuel Valls ne perd qu'un point de popularité et si Bernard Cazeneuve en perd 4, il limite la casse par rapport à Ségolène Royal. "Le ministre de l'Intérieur subit les effets du désordre et des débordements qui ont eu lieu autour du dossier Sivens, et le sentiment qu'ont pu avoir les Français que le gouvernement ne les avaient pas anticipés", nous confirme Bruno Jeanbart, directeur général adjoint d'OpinionWay. Mais dans ce cas, pourquoi Ségolène Royal, qui a pris soin de se tenir à distance des odeurs de fumigènes, ne s'en tire-t-elle pas mieux ? "Il y a rarement des gagnants dans ce genre de dossier, relève Bruno Jeanbart. Ces situations cristallisent les oppositions entre ceux qui pensent que la contestation est légitime et ceux qui pensent qu'on ne devrait pas en arriver là. Dans les deux cas, difficile pour le ministre de tutelle de s'en sortir positivement".

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Au-delà du cas Sivens, c'est bien sa stratégie de cavalier seul qui semble se retourner contre Ségolène Royal. Fin octobre, elle a également fait entendre un son de cloche très personnel sur le dossier de l'écotaxe. Proposant d'abord de la compenser par une taxe sur les poids lourds étrangers, avant d'imaginer une gratuité des autoroutes le week-end. Les deux fois, elle a été aussitôt recadrée, par Michel Sapin puis par Manuel Valls. "Cela a pu donner un sentiment de cafouillage", analyse Bruno Jeanbart. Les Français peuvent aimer les solos, ils goûtent moins les fausses notes.

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